Lutte contre l'exclusion : trois femmes rurales à l'avant-garde

Intithar, Najah et Ahlam ont toutes trois bénéficié du programme AMAL et se présentent maintenant aux élections municipales, en espérant apporter des améliorations au sein de leurs communautés.
Intithar, Najah et Ahlam ont toutes trois bénéficié du programme AMAL et se présentent maintenant aux élections municipales, en espérant apporter des améliorations au sein de leurs communautés. Photo : HCDH

À Boucha, un village de la région d’Azmour, dans le nord-est de la Tunisie, trois femmes – Ahlam, Najah et Intithar – ont remis en cause les normes sociales pour lutter contre l’exclusion et apporter le changement : elles se sont portées candidates aux élections municipales de 2016.

En participant à des activités menées dans le cadre du programme AMAL (« espoir » en arabe), Ahlam a pris conscience de ses droits et ses devoirs en tant que femme et mère de deux enfants. Elle refuse d’être cantonnée au rôle de femme au foyer. « Ma décision de me présenter au conseil municipal vient du désir profond et sincère d’œuvrer pour Boucha, afin de pouvoir offrir de meilleures conditions de vie aux enfants et de veiller à ce qu’ils aient accès à des services dont ma génération n’a pas pu bénéficier, quand j’étais jeune. Je veux que les enfants puissent aller à l’école sans devoir marcher longtemps sous la pluie et sur des routes non asphaltées ou qu’ils n’aient pas à rester à la maison en hiver. »

Un programme pour promouvoir le leadership transformateur des femmes

Le programme AMAL aide les femmes des zones rurales pauvres et marginalisées. En Tunisie, mené en partenariat avec la Ligue des électrices tunisiennes, il vise à soutenir les femmes ayant des responsabilités dans les partis politiques et au sein de leur communauté. Grâce à ce soutien, les femmes ont pris conscience qu’elles peuvent influer sur leurs conditions de vie.

Najah a décidé de s’attaquer aux mentalités qui marginalisent les femmes et limitent leur rôle au foyer familial. « Quand mon père est tombé malade, j’ai dû arrêter l’école pour travailler et gagner de l’argent pour ma famille. Cette situation difficile ne m’a pas empêchée de m’engager dans des associations de développement, malgré la mentalité machiste dominante, que j’ai l’intention de changer en me présentant au conseil municipal. Nous en avons assez des promesses des fonctionnaires qui ne font rien pour changer les choses. Je dois affronter toutes ces idées qui entravent la participation des femmes à la vie politique. »

Dans le cadre du programme AMAL, des femmes ont reçu une formation sur la planification d’une campagne électorale et la communication avec l’électorat pour améliorer leurs aptitudes au dialogue. Intithar est désormais plus à même de motiver les femmes de sa région, notamment les jeunes, à agir pour changer leur vie. Diplômée de l'université, elle s’inquiète de la détérioration des conditions d’enseignement dans son village. Elle a toujours voulu changer cette situation en devenant enseignante, mais n’a pas pu réaliser ce rêve. « Je vais me présenter au conseil municipal pour améliorer le système scolaire et offrir de meilleures perspectives d’avenir aux enfants. »

Ces témoignages sont issus d'un récit plus long développé par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en partenariat avec Oxfam dans le cadre de la campagne "Soutenez le leadership des femmes dans le monde arabe".