Hakim Mai, une source d’inspiration dans la lutte contre le changement climatique

Hakim Mai in her garden. Pakistan. Photo: Oxfam

« Les inondations à répétition et le dérèglement des précipitations nous privaient de notre source de nourriture. Même quand il n’y avait pas d’inondations, des épisodes pluvieux précoces ou tardifs menaçaient en permanence nos cultures, et donc nos moyens de subsistance. Plus tard, j’ai découvert que c’était dû au changement climatique. »

Hakim Mai a 27 ans. Cette mère de deux enfants vit dans le district de Multan, dans la province du Punjab, au Pakistan. « Notre district subit de plein fouet l’impact du changement climatique », assure-t-elle. 

« J’ai ouvert les yeux sur la réalité de cette communauté pauvre, constamment confrontée aux effets du changement climatique qui menacent nos moyens de subsistance. » En cas d’inondations, il arrivait souvent à Hakim et sa famille de se coucher le ventre vide. « J’ai alors décidé de changer les choses, et je suis fière de mes humbles efforts. Les résultats sont désormais visibles tant au sein de ma famille que de ma communauté d’origine. »

« La possibilité d’améliorer la vie de ma famille et ma communauté »

Hakim a participé à un projet de renforcement de la sécurité alimentaire par l’autonomisation économique des femmes, organisé par la fondation Doaba, laquelle reçoit le soutien d’Oxfam. « Doaba m’a donné la possibilité d’améliorer la vie de ma famille et ma communauté. Je suis devenue responsable du Comité d’action sociale de Gahlu dans mon village. J’ai suivi des formations avec grand intérêt, notamment dans le domaine du jardinage, ce qui m’a permis de faire en sorte que ma famille puisse manger à sa faim. J’ai l’assurance que mes enfants ne souffriront pas de la faim et recevront une bonne éducation. » 

Hakim préside aujourd’hui le comité du village, qui compte quelque 70 personnes. « Mes propres difficultés ne m’ont jamais empêchée de rendre service aux autres et d’aider à régler des soucis de santé et d’autres problèmes rencontrés par les femmes de notre communauté. J’ai incité des dizaines de femmes à apprendre le jardinage et elles produisent désormais de quoi nourrir leur famille. Ni la faim et la malnutrition, ni le travail pénible ne pourrait me faire renoncer à mon rêve que mes enfants aient de l’instruction et que chaque membre de ma communauté puisse manger à sa faim. » 

« Fière de combattre le changement climatique »

La famille d’Hakim mange à présent à sa faim, même en cas de catastrophe. « Je suis fière de combattre le changement climatique et je continuerai à lutter pour améliorer la vie de mes semblables. Mais j’engage vivement le gouvernement à consulter les communautés locales afin d’établir des politiques de lutte contre le changement climatique. Étant les principaux responsables de ce phénomène qui met à mal notre vie et nos moyens de subsistance, les pays développés devraient également contribuer à cette lutte. »