Ebola : plus de militaires, de médecins et d’argent pour éviter le désastre humanitaire le plus marquant de notre génération

Dans cette course contre la montre mortelle, l’ONG considère qu’il ne reste que deux mois pour enrayer la diffusion du virus qui ravage le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Cependant, la réponse est aujourd’hui paralysée par le manque de personnels militaires capables de déployer rapidement le soutien logistique nécessaire. Cela comprend la construction de centres de traitement, la mise en place de ponts aériens, ainsi qu’une aide en génie civil et en logistique. 

Les centres de traitement ont également besoin de plus de médecins et de personnels soignant, alors que dans le même temps les financements, aujourd’hui insuffisants, de la réponse humanitaire doivent être augmentés.

Oxfam appelle le Conseil des Affaires Étrangères de l’Union européenne qui se tiendra à Luxembourg ce lundi à mobiliser les pays européens et à suivre l'exemple du Royaume uni. L’UE peut aider à remettre le monde en marche pour lutter contre Ebola en augmentant le nombre de militaires et de personnels de santé sur le terrain et en s’engageant à fournir des financements cruciaux.
L’Union européenne doit accélérer le processus afin que les promesses se transforment rapidement en aide et puissent prévenir la diffusion du virus, protéger et soigner les populations. 

Winnie Byanyima, Directrice générale d'Oxfam International: « Nous sommes dans l’œil du cyclone. Nous ne pouvons laisser Ebola nous pétrifier, nous devons aller de l’avant, avec une mission commune: empêcher l’épidémie d’empirer. Les engagements insuffisants de nombreux pays en termes de troupes, de médecins et de financements risquent de coûter des vies. La vitesse et l’ampleur de la réponse nécessaire sont sans précédent. Seul un effort réfléchi et coordonné permettra de stopper la propagation de l’épidémie ». 

Désastre humanitaire

Ebola pourrait devenir le désastre humanitaire le plus marquant de notre génération. Le monde était insuffisamment préparé à y faire face. Il est extrêmement rare qu’Oxfam réclame un soutien logistique militaire dans le cadre d’une urgence humanitaire. Pourtant l’ONG considère aujourd’hui que l’expertise logistique et la capacité de réponse et de déploiement rapide à grande échelle de l’armée sont vitales, et que de tels efforts militaires devraient être placés sous l’autorité d’une coordination civile.

Les Etats-Unis et le Royaume Uni ont montré l’exemple, en promettant respectivement d’envoyer 4 000 et 750 militaires. Cependant, seulement une partie de ces troupes sont effectivement déployées aujourd’hui, la majorité des  militaires américains ne devant arriver que d’ici au 1er novembre.

L’Italie, l’Australie et l’Espagne n’ont fait aucune promesse de contribution de capacités militaires, bien que l’armée espagnole dispose d’une unité d’expertise médicale spécialisée en son sein. L’Allemagne s’est engagée à contribuer avec des vols militaires pour l’approvisionnement, et prévoit de déployer un hôpital militaire dans la région.

La France a quelques capacités militaires en Guinée, où un hôpital serait en cours de construction et a lancé un appel aux réservistes du Service de Santé des Armées qui en feraient la demande. 

Bien qu’Oxfam soit consciente des défis logistiques gigantesques qui se posent, l’ONG appelle à examiner d’urgence dans quelle mesure cette mobilisation de moyens militaires peut être massivement augmentée et accélérée.

Un fond établi au mois de septembre par le Secrétaire Général des Nations unies pour combattre Ebola a estimé à 1 milliard de dollars les besoins de financements pour les 6 prochains mois. Pour l’instant, environ la moitié seulement des besoins sont financés. 

Notre action

Oxfam a lancé un appel de 27 millions d’euros afin de tripler le volume de sa réponse d’urgence au Liberia et en Sierra Leone. Oxfam se concentre sur la prévention contre la propagation d’Ebola. Nous sommes très loin d’atteindre cet objectif. 

Oxfam a accru ses livraisons d’eau et de matériels d’assainissement aux centres de traitement d’Ebola et aux centres de santé communautaire. L’ONG fournit également plus de produits d’hygiènes, comme du savon et du désinfectant, et sensibilise les populations sur les mesures de protection à respecter par l’intermédiaire de la radio, d’affiches et de SMS. L'ONG aide à construire des centres de traitement, forme les personnels en première ligne, en particulier les travailleurs de santé communautaire et les équipes chargées d’enterrer les corps en leur distribuant des équipements de protection individuels. L’ONG intervient également en matière de prévention en Gambie, en Guinée Bissau et au Sénégal, où pour le moment l’épidémie ne s’est pas largement propagée.

Le nombre de cas avérés et suspectés d’Ebola s’élève à près de 9 000, et le virus a déjà tué plus de 4 500 personnes. Le taux d’infection continue d’augmenter, et le nombre de nouveaux cas double environ tous les 20 jours. L’OMS considère que le taux de mortalité pour cette épidémie est de 70%, et a annoncé que 10 000 nouveaux cas pourraient se déclarer par semaine en Afrique de l’Ouest d’ici au mois de décembre. 

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