Ebola : méfiance et confusion contribuent au développement de l’épidémie en Afrique de l’Ouest

L’organisation humanitaire Oxfam met en garde contre la méfiance et les fausses rumeurs sur l’origine et la propagation de la fièvre Ebola qui permettent à la maladie de se développer.

Gros titres dramatiques, mesures exceptionnelles de restriction des déplacements et de quarantaine… Cette épidémie sans précédent a soulevé une vague de suspicion et de peur à travers le monde. Avec les communautés du Liberia et de Sierra Leone, Oxfam s’emploie à prévenir la propagation de la maladie.

La situation rappelle le début des années 1980 en Europe et en Amérique du Nord, lorsque la découverte du sida a semé la panique et alimenté de fausses rumeurs sur la transmission du VIH.

Le travail d’Oxfam avec les communautés ouest-africaines a mis en évidence la nécessité de davantage écouter les craintes des populations et de les convaincre qu’il existe des moyens d’enrayer la propagation de cette maladie terrifiante.

Des mois après le début de l’épidémie, des personnels de santé formés par Oxfam rapportent qu’il arrive encore, dans les zones rurales de Sierra Leone, que les familles cachent leurs malades.

« Des rumeurs de toutes sortes circulent, explique Doris Mapturi Wuseni d’Oxfam. Des gens ont observé que quand quelqu’un tombe malade, la personne est emportée et ne revient jamais. »

Là où les messages sur Ebola sont passés, il devient possible d’agir pour endiguer la propagation de la maladie.

Relations de confiance

Oxfam a conscience de l’importance primordiale de l’isolement et du traitement des cas d’Ebola, mais l’organisation humanitaire estime que la prévention est tout aussi essentielle et requiert la mobilisation de financements supplémentaires.

Les personnels de santé communautaires, en qui les membres des communautés ont confiance, sont les mieux placés pour entendre les préoccupations des populations, apaiser les craintes et expliquer comment prévenir la transmission, se protéger et se faire soigner dans les centres médicaux.

Les analyses d’épidémies d’Ebola antérieures, notamment effectuées par l’Organisation mondiale de la santé, ont montré que le développement de relations de confiance avec les communautés touchées et l’implication de la communauté, des chefs religieux et de personnalités respectées sont essentiels au succès de l’intervention.

« Il existe plusieurs théories du complot concernant l’origine de la maladie, rapporte David Watako, responsable Eau et assainissement d’Oxfam au Liberia. Dans la rue, on chuchote que les pays occidentaux auraient importé la maladie ou que celle-ci serait une punition de Dieu pour les méfaits commis par les Libériens. »

Le nombre de cas avérés et présumés a maintenant passé la barre des 10 000, et l’épidémie a fait 5 000 morts, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de mortalité atteint 70 %, et l’épidémie pourrait faire 10 000 nouveaux cas par semaine en Afrique de l’Ouest, d’ici au mois de décembre.

Oxfam mobilise les initiatives locales de sensibilisation pour renforcer sa campagne d’information du grand public (radio, affichage et SMS) sur les meilleurs moyens de se protéger contre la maladie.

l’information joue un rôle clé

Pour Stephen Bockarie Mansaray, animateur radio de Sierra Leone, « il faut que des organisations de bonne réputation, comme Oxfam, viennent expliquer que la maladie est présente, mais que si nous faisons A, B, C et D, nous pouvons la contenir. Je pense que l’information joue un rôle clé dans la lutte contre le virus Ebola. Or ici, la population n’est pas habituée à lire les journaux et écoute plutôt la radio. »

Oxfam forme également du personnel de santé communautaire pour relayer les messages de prévention d’Ebola. L’organisation humanitaire a renforcé ses activités d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les centres de traitement d’Ebola et les centres de soins communautaires, de même que ses distributions de produits d’hygiène, comme de l’eau de javel et du savon, en Sierra Leone et au Liberia. Elle fournit des vêtements de protection au personnel de santé communautaire intervenant en première ligne, ainsi qu’aux équipes de sépulture.

L’organisation humanitaire prévoit de mobiliser plus de 27 millions d’euros afin d’intensifier ses programmes et de toucher plus de 4 millions de personnes dans ces deux pays, mais il lui faut davantage de fonds dans les plus brefs délais.

Notes aux rédactions

Contact

Sarah Grainger sgrainger1@oxfam.org.uk, +44 7810 18 15 14

À partir du mardi 28 octobre, Oxfam disposera d’un attaché de presse à Monrovia, au Liberia.