Les objectifs mondiaux de lutte contre la pauvreté, les inégalités et le changement climatique remettent en cause le statu quo

Avec les responsables politiques, la société civile et les citoyennes et citoyens à travers le monde, Oxfam se réjouit de l’adoption des Objectifs de changement durable par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’ONU, tout en avertissant que les avancées devront être tangibles, avoir une dimension politique et bouleverser le statu quo. Ces objectifs visent à éradiquer l’extrême pauvreté, à réduire les inégalités et les injustices et à maîtriser le changement climatique au cours des quinze prochaines années. Ils ont fait l’objet de longues et laborieuses négociations gouvernementales, et tant la société civile, le monde universitaire et scientifique, le secteur privé que des millions de citoyennes et citoyens dans le monde ont contribué à leur définition.

« Les nouveaux Objectifs de développement durable sont ambitieux et pourraient avoir une portée historique. Loin de promouvoir de simples palliatifs, ils visent à, non plus seulement réduire, mais éradiquer l’extrême pauvreté et la faim dans chaque pays, souligne Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International. Il est essentiel de faire en sorte que les plus fortunés renouent avec la réalité du plus grand nombre, au lieu de les laisser bien assis dans leurs privilèges, en marge de la société. »

Oxfam salue le souci que « personne ne soit laissé pour compte », mais avertit qu’il faudra pour cela permettre aux personnes les plus vulnérables et marginalisées de participer, afin qu’elles puissent demander des comptes à leur gouvernement et faire valoir leurs droits. Les femmes devront avoir un rôle central dans la réalisation de ces objectifs. Dans le même temps, il est nécessaire de contester la concentration du pouvoir entre les mains d’intérêts particuliers, lesquels doivent être tenus de rendre des comptes aux États et aux populations

« Avec 17 objectifs et 169 cibles, c’est une promesse nécessairement compliquée, continue Winnie Byanyima. Pour ne négliger personne, nous devons comprendre les nombreux obstacles auxquels se heurtent les populations, qu’il s’agisse des inégalités économiques, des inégalités entre les femmes et les hommes ou de l’impact disproportionné du changement climatique sur les plus démunis. Ces objectifs sont réalisables, mais nous devons sortir du statu quo. Les pays, riches et pauvres, doivent braver les puissants groupes d’intérêts qui cherchent à maintenir l’état actuel des choses, au détriment de la population et de la planète. »

Pour permettre ce rééquilibrage du pouvoir, Oxfam affirme qu’il faut redéfinir les règles des systèmes financiers nationaux et internationaux, notamment mettre un frein aux pratiques d’optimisation fiscale des multinationales et prendre des mesures assurant que les grandes fortunes contribuent plus équitablement à la société. De plus, si nous voulons éradiquer la faim pour de bon, la conférence de Paris sur le climat doit aboutir à un accord qui sert les intérêts des plus pauvres.

« Nous pourrions bien être la première génération à éradiquer l’extrême pauvreté et la faim, mais nous sommes aussi la dernière à pouvoir éviter que le changement climatique ne prenne une ampleur catastrophique. Il est de notre responsabilité à toutes et tous d’y parvenir, insiste Winnie Byanyima. Nos dirigeants politiques ont fixé les objectifs. Nous avons à présent la responsabilité collective de les réaliser. »

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