L’UE doit changer de cap : La forteresse Europe ne fait que nuire aux plus vulnérables

La réponse de l’Union européenne (UE) aux migrations a pour seul effet de créer plus de problèmes et ajoute inutilement aux souffrances des personnes déplacées et vulnérables. À la veille du sommet européen qui se tiendra cette semaine à Bruxelles, Oxfam appelle les États membres à changer radicalement leur approche de la gestion des migrations. Le concept de la forteresse Europe doit laisser place à une approche humaine reposant sur le droit international et les droits humains.

La forteresse Europe plonge des hommes, des femmes et des enfants dans une situation dégradante et désespérée. Elle laisse en outre croire au reste du monde qu’un tel comportement est acceptable, ce qui a des répercussions bien au-delà des frontières européennes.

Pour Natalia Alonso, directrice adjointe du plaidoyer et des campagnes d’Oxfam :

« Fermer les frontières n’empêche personne de partir à la recherche de sécurité, de dignité et d’une vie meilleure, mais cela les oblige à emprunter des voies plus dangereuses. À ce jour, la forteresse Europe n’a pas apporté le soutien nécessaire aux personnes arrivées sur ses rivages. »

Que ce soit en Italie ou en Grèce, en Serbie ou en République de Macédoine, Oxfam constate tous les jours les failles de la réponse européenne aux migrations.

Les besoins médicaux des réfugiés et des autres migrants ne sont pas suffisamment pris en compte. En Italie, toutes les personnes qui débarquent de Libye ont subi des traumatismes lors de leur traversée. Pourtant, elles trouvent difficilement une assistance médicale, même dans les cas les plus graves. En Grèce, les services de santé, d’éducation et d’accompagnement psychosocial, ainsi que de soutien aux victimes de violences basées sur le genre, font cruellement défaut.

Le système d’accueil des mineurs non accompagnés en Italie est terriblement déficient. L’arrivée d’enfants isolés a considérablement augmenté cette année et certains sont enfermés pendant cinq semaines dans ce qui s’apparente en fait à des centres de détention où le séjour n’est pas censé durer plus de 48 heures. Plus de 5 000 mineurs non accompagnés ont été portés disparus au cours du premier semestre 2016, soit 28 enfants par jour en moyenne.

Les procédures d’octroi d’asile et de regroupement familial en Grèce sont inéquitables, inefficaces et beaucoup trop lentes. Des réfugiés et des migrants racontent à Oxfam leur frustration et leur désarroi face à la procédure d’enregistrement et au système d’asile. Les demandeurs d’asile ne reçoivent aucune indication claire de la marche à suivre et peuvent attendre des mois dans des conditions précaires, inadaptées, voire même parfois inhumaines, avant de recevoir une réponse concernant leur statut légal.

Les réfugiés et les migrants ne voient pas d’alternative aux routes clandestines. Beaucoup confient aux humanitaires que les passeurs leur apparaissent comme le seul moyen de poursuivre leur route. Les partenaires d’Oxfam dans l’Ancienne République yougoslave de Macédoine rapportent un nombre croissant de personnes qui passent la frontière, ayant perdu tout espoir dans le système d’asile. Actuellement, plus de 5 000 personnes cherchant un autre moyen d’entrer en Europe se trouvent en Serbie. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés aux dangers et aux abus sur les chemins de la clandestinité.

En plus de fermer ses frontières et d’externaliser leur contrôle aux régions voisines, l’UE recentre sa politique étrangère et de développement sur le principal objectif d’endiguer les migrations, d’arrêter les migrants avant qu’ils n’atteignent l’Europe et de les renvoyer à leur point de départ.

« L’Europe doit renforcer les voies d’accès sûres et légales à son territoire et assurer un système d’asile équitable, transparent et efficace. Elle doit également veiller à ce que l’aide au développement serve à réduire la pauvreté et les inégalités, et non à bloquer les migrations », souligne Natalia Alonso.

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