"Les personnes oubliées dans une crise silencieuse” : aucun signe d'amélioration pour les affamés au Tchad

Plus de 335 000 personnes continuent de souffrir de la faim dans la région du Lac, au Tchad, où seulement dix médecins travaillent actuellement et où la communauté internationale n'a financé que 40 millions de dollars sur un appel humanitaire de 121 millions de dollars. 

« Aujourd´hui, Journée Mondiale de l´Alimentation, 200.000 enfants souffrent de malnutrition et il n'y a que dix médecins présents dans toute la région du lac Tchad », dit Elkana Mooh, directeur d´Oxfam au Tchad

 « Nous parlons de personnes capables de gagner leur vie mais privées de toute possibilité de le faire. Les attaques de Boko Haram et la stratégie militaire du gouvernement les ont forcées à quitter leur foyer et abandonner leurs activités économiques sans leur fournir de moyens de subsistance alternatifs. Le conflit du lac Tchad est silencieux, et ici au Tchad, vous trouvez les oubliés parmi les oubliés ».

Des personnes ont dit à Oxfam qu'il n'y avait aucun signe d´amelioration de leurs conditions de vie : :

"Nous avons faim", dit Adoum Hassane alors qu'il montre ses bras amaigris. "Nous avons très faim. Nous mangeons qu’une fois par jour. Parfois pas du tout". Hassane a perdu son fils de 6 ans en raison de complications liées à la malnutrition. "Son ventre faisait des bruits", dit-il à Oxfam. "Lorsque nous l'avons amené au centre de santé, l'infirmière a déclaré : Ce n'est pas la maladie, c'est la faim".

Des dizaines de milliers de personnes dans la région du lac vivent dans la même situation qu’Hassane, elles ont trouvé refuge dans des camps de personnes déplacées et dépendent de l'aide pour survivre.

La situation humanitaire est grave et le financement disponible pour répondre aux besoins de la population touchée est faible. Jusqu'à présent, la communauté internationale n'a fourni que 32% du financement requis, soit 40 millions de dollars sur un total de 121 millions, montant nettement insuffisant pour aider les centaines de milliers de personnes affectées par le conflit.

Les civils sont toujours menacés en raison de l'insécurité qui prévaut dans la région et des stratégies militaires du gouvernement, ce qui les empêche d'accéder à leurs moyens de subsistance : la pêche, l'agriculture ou le commerce.

"Nous vivions comme des rois avant la guerre", explique Adam, un pêcheur qui a été forcé de fuir les îles du Lac Tchad après une attaque de Boko Haram. "Nous achetions ce dont nous avions besoin, nous mangions de bonnes choses. Maintenant, c'est Oxfam ou la Croix-Rouge qui nous donne à manger. Nous n'avons pu sauver que nos vies ».

Oxfam appelle le gouvernement du Tchad à veiller à ce que la sécurité et la protection des personnes civiles soient au cœur des opérations militaires. Le gouvernement doit fournir un soutien aux communautés pour qu’elles puissent trouver de nouvelles opportunités économiques dans leur situation actuelle et dans les zones de retour.

Les bailleurs de fonds doivent immédiatement financer la totalité du plan d'intervention humanitaire 2017.

Le Tchad est l'un des pays les moins avancés du monde (186 sur 188), et sur son territoire, la région du Lac est l'une des plus pauvres. L'accès à la santé est insuffisant, avec seulement 10 médecins dans la région pour fournir des services ; le taux d'analphabétisme est élevé et le taux de scolarisation est de 37% ; et seulement 44% de la population de la région a accès à l'eau potable. En plus du développement insuffisant et des crises humanitaires fréquentes auxquelles il est confronté, le Tchad doit également faire face aux crises des pays voisins comme le Soudan et la République Centrafricaine.

Notes aux rédactions

Nous avons des porte-parole au Tchad (anglais, français).

Oxfam travaille dans la région de Daboua dans la région du lac Tchad et jusqu'à présent, nous avons soutenu plus de 50 000 personnes avec de l'eau potable ou de l'argent en espèces pour couvrir leurs besoins les plus élémentaires. Notre travail se concentre également sur la recherche de solutions à long terme pour la population déplacée et sur leur accès aux certificats de naissance et à d'autres documents.

Les dernières informations sur la situation humanitaire dans ce document OCHA : https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/LCB_CrisisUpdate_No19.pdf

Contact

María José Agejas

Média Lead, Oxfam | Crise du bassin du lac Tchad

+34 912 046 744 /+34 638 242 672 /Skype: mariajoseagejas 

 

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