Oxfam continue de faire des progrès dans la mise en œuvre de politiques de sauvegarde renforcées et dans l’instauration d’un changement de culture interne

Les membres du personnel d’Oxfam sont désormais plus à même de reconnaître des comportements inacceptables et d’y faire face, tandis que l’organisation poursuit ses réformes de grande envergure sur son labeur de prévention et de protection, ainsi que sur sa culture interne, dans le cadre de son plan d’action en 10 points. Oxfam publie aujourd’hui son quatrième rapport d’avancement trimestriel pour faire le point sur la situation.

 

Les nouvelles procédures opérationnelles standard d’Oxfam améliorent la rapidité et la cohérence des signalements de faits repréhensibles, y compris auprès des bailleurs de fonds et des autorités. Les équipes pays d’Oxfam informent actuellement les gouvernements, les bailleurs et d’autres organismes au sujet des nouveaux systèmes mis en place. Ses affiliés réitèrent leur conformité avec les normes du pays concerné et celles des bailleurs. Par ailleurs, Oxfam a pris les mesures suivantes :

  • Elle a convenu de mettre en place un nouveau service commun mondial en matière de prévention et de protection, ainsi qu’un système centralisé de gestion des incidents, destiné à superviser les signalements et à assurer la prévention et la protection dans l’ensemble de la confédération Oxfam ;
  • Elle a adopté des politiques en matière de prévention et de protection de l’enfance, de protection contre l’exploitation et les abus sexuels, de diversité sexuelle, de collecte éthique des données, et d’identité de genre. De nouvelles politiques relatives à la prévention et la protection des jeunes et dans le domaine du numérique sont en phase d’approbation ;
  • Elle promeut un changement de culture interne grâce à l’allocation d’un budget accru et de nouveaux moyens dans l’ensemble de la confédération, ainsi qu’à travers la préparation d’ateliers destinés à favoriser l’introspection, la discussion et l’action chez les membres du personnel ;
  • Elle a créé de nouveaux postes pour aborder les questions de prévention et de protection ainsi que pour faciliter le changement de culture interne, dont le poste de directeur/directrice adjoint-e dans ce domaine à Oxfam International ;
  • Elle met actuellement au point un cours d’initiation amélioré à l’intention des nouvelles recrues, davantage axé sur les comportements, la culture interne, la prévention et la protection ;
  • Elle a lancé un nouveau processus de gestion de la performance, axé sur nos méthodes de travail individuelles et collectives, plutôt que de se focaliser uniquement sur les résultats que nous obtenons, et mettant l’accent sur la redevabilité ;
  • Un engagement a été pris à l’échelle de toute la confédération pour faire en sorte que le plan stratégique Oxfam 2020 et nos méthodes de travail reposent sur les principes féministes et d’égalité.

La Commission indépendante mise en place par Oxfam en mars 2018 et chargée d’examiner notre culture interne et nos processus de prévention et de protection publiera son rapport final le mois prochain. Les membres de cette Commission ont rendu visite aux équipes des programmes de pays ces trois derniers mois (elle totalise neuf visites depuis sa création) et a passé en revue les conclusions d’une enquête menée par des experts en gestion des incidents ainsi que les résultats d’un nouveau projet de recherche communautaire.

 

Oxfam a lancé sa propre enquête sur la culture interne auprès du personnel, à laquelle près de 4000 collègues ont répondu. L’objectif est d’entamer un dialogue franc et ouvert et de favoriser l’introspection en ce qui concerne le changement de culture interne. Cette démarche vise à aider Oxfam à mieux cerner les principaux facteurs qui sont à l’origine de problèmes chez les membres du personnel, notamment sur le plan du bien-être, de la conciliation entre vie professionnelle et vie privée, de la dénonciation des irrégularités dans le milieu du travail et du manque de redevabilité. Cette enquête a abouti aux constats suivants :

  • Les membres du personnel d’Oxfam ne vivent pas toutes et tous sa culture interne de la même manière : il existe beaucoup d’expériences différentes en la matière. La plupart des membres du personnel affirment se sentir suffisamment en sécurité pour signaler des faits de harcèlement, d’exploitation ou d’abus sexuels à travers les mécanismes officiels de signalement, ainsi que pour aborder des questions sensibles avec leur responsable hiérarchique.
  • Bien que seule une petite partie du personnel ait eu des expériences négatives en la matière, celles-ci n’en demeurent pas moins inacceptables et il est essentiel qu’Oxfam poursuive ses efforts de perfectionnement. D’après les témoignages reçus, les expériences négatives vécues par le personnel sont plus susceptibles d’être liées à des questions de hiérarchie, de sexe, de contrôle des ressources et de couleur de peau.

Dans son deuxième compte rendu sur les données relatives à la prévention et à la protection, qui s’inscrit dans le cadre de son engagement en faveur de la transparence, Oxfam indique que 294 incidents ont été signalés au cours de l’année écoulée (avril 2018 – mars 2019), dont 221 ont été clos dans le courant de l’année et 73 sont encore en cours de traitement. Ce chiffre a augmenté par rapport à l’année dernière, ce qui montre que les individus (en particulier les membres du personnel) connaissent de mieux en mieux leurs droits et font de plus en plus confiance aux mécanismes de signalement améliorés d’Oxfam. Oxfam s’attend à ce que le nombre de signalements continue à augmenter, notamment de la part de nos partenaires et des membres des communautés que nous aidons, à mesure que ces partenaires et ces communautés apprennent à faire valoir leurs droits et à se fier aux mécanismes d’Oxfam. Les affaires classées se rapportaient à :

  • 23 cas d’abus sexuel;
  • 25 cas d’exploitation (dont l’achat de services sexuels);
  • 74 cas de harcèlement sexuel;
  • 98 autres problèmes internes à signaler (notamment des cas d’intimidation ou d’autres comportements inappropriés conformément au code de conduite);
  • Un cas pour lequel aucun renseignement n’a été fourni. 

Les mesures suivantes ont été prises :

  • 79 licenciements
  • 45 cas de mesures non disciplinaires (par ex. formation à la prévention et à la protection ainsi qu’au code de conduite)
  • 58 cas de preuves insuffisantes et d’accusations non confirmées
  • 10 démissions (deux avant que les allégations n’aient été formulées et huit après)
  • Sept cas : aucune information disponible
  • Un cas a par la suite été identifié comme ne relevant pas du domaine de la prévention et de la protection
  • 21 cas : la personne plaignante n’a pas souhaité qu’une enquête soit menée.

Selon les propos de Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International, « Oxfam est en train de changer sous l’effet de son plan d’action en 10 points ; et il le faut. Nous avons pris des mesures concrètes pour faire suite aux excuses sans réserve que nous avons présentées pour les erreurs que nous avons commises en Haïti en 2011. Grâce à notre volonté sans faille d’apprendre, de coopérer et de nous perfectionner, je crois que nous commençons d’ores et déjà à constater des résultats tangibles sur le parcours de longue haleine que nous avons entamé ».

 

« Nous avons encore tellement à faire… Le fait que le personnel d’Oxfam soit désormais plus à même de distinguer un comportement acceptable d’un comportement qui ne l’est pas, et ait davantage de confiance dans les nouveaux mécanismes dont nous disposons pour faire face aux comportements repréhensibles, est un progrès notable. Nous disposons dorénavant d’un cadre plus solide de politiques relatives à la prévention et à la protection, et une plus grande expertise pour contribuer à mieux protéger les personnes. Nous avons également fait appel en toute humilité à des experts et à des organisations alliées pour partager des informations et des enseignements. Nous avons entamé des réflexions ouvertes et franches au sujet de l’amélioration de notre culture de travail, pour la rendre plus sûre et plus forte, ainsi que pour aider toutes les employées et tous les employés à vivre les valeurs auxquelles nous aspirons. »

 

« Le changement de culture est un parcours continu, fait de compréhension, d’introspection et de transformation, aussi bien sur le fond que sur la forme, au sujet des idées et des normes qui modèlent notre vie quotidienne. Ces aspects ont été négligés pendant trop longtemps. Pour changer les choses, il faut du temps et une bonne dose d’humilité, et je félicite les membres de notre personnel qui ont pris la tête de cette transformation. Jour après jour, nous gagnons en force et nous tirons de nouvelles leçons, parfois difficiles. Jour après jour, Oxfam est de plus en plus ouverte et désireuse de continuer à se perfectionner ».

Oxfam a publié précédemment trois rapports d’avancement sur son plan d’action en 10 points :

  • En janvier 2019, pour expliquer l’augmentation du nombre d’experts en matière de protection du personnel au sein de ses équipes, le triplement des dépenses consacrées aux programmes de justice de genre, et de nouveaux outils et plans conçus pour aider les partenaires à améliorer leurs propres processus de prévention et protection ;
  • En octobre 2018, pour décrire ses nouvelles politiques et pratiques en matière de prévention et de protection, sa première communication semestrielle de données relatives à la prévention et à la protection, ainsi que de nouvelles améliorations quant aux modalités de signalement des incidents ;
  • En juillet 2018, pour évoquer le travail de la Commission indépendante, la formation de 119 nouvelles enquêtrices et nouveaux enquêteurs sur les faits de harcèlement, d'exploitation et d'abus sexuels, l’investissement de 2 millions d’euros dans le domaine de la prévention et la protection à l’échelle de toute la confédération, la mise en place de nouvelles lignes d’écoute et d’autres nouveautés.

Notes aux rédactions

Les dossiers « clos » se réfèrent aux cas pour lesquels une accusation a été reçue et examinée, a fait l’objet d’une enquête le cas échéant ou a abouti à des mesures ou à des résultats donnés, y compris lorsque l’incident n’a pas été confirmé ou que la procédure a finalement été suspendue, parce que la personne affectée n’a pas souhaité y donner suite. Entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019, à l’échelle mondiale, Oxfam a clos 221 dossiers en rapport avec des faits de harcèlement, d’exploitation et d’abus sexuels. Parmi ceux-ci, 61 cas ont été résolus dans le courant de l’année, les 160 autres se référant à des incidents plus anciens qui ont été signalés et résolus au cours de l’année. 

 

Oxfam offre une assistance aux personnes qui ont été confrontées à des violences dès lors qu’un incident est signalé, et ce, tout au long de l’enquête correspondante et au terme de celle-ci. Cette assistance comprend notamment des services d’accompagnement, des soins de santé et des conseils juridiques.

Contact

Matt Grainger, matt.grainger@oxfam.org, +44(0)7730680837