Oxfam salue les recommandations de la Commission indépendante et s’engage à poursuivre la transformation de sa culture interne et ses progrès en matière de prévention et de protection

Oxfam accueille favorablement le rapport final de la Commission indépendante sur les comportements sexuels répréhensibles, la redevabilité et le changement de culture interne.  

 

« C’est exactement le rapport que nous avons demandé suite à la divulgation, l’année dernière, des comportements sexuels répréhensibles qui se sont produits en Haïti », déclare la directrice générale d’Oxfam International, Winnie Byanyima. « Nous avons créé la Commission indépendante pour qu’elle nous apprenne la vérité sans ambages et pour qu’elle nous indique clairement les aspects sur lesquels nous devons concentrer nos efforts d’amélioration et de quelle manière procéder. Oxfam accepte les conclusions du rapport et applaudit ses recommandations. »

 

Le rapport met en évidence certaines défaillances majeures dans les mécanismes de signalement d’Oxfam, ainsi que des dysfonctionnements dans ses processus de prévention et de protection, sans oublier certaines lacunes en matière de redevabilité. Tout en reconnaissant qu’ils sont loin d’être généralisés, la Commission a également fait état de graves problèmes liés au personnel, notamment une culture de travail qui, dans certains contextes, peut s’avérer peu favorable à son épanouissement, voire toxique. Elle note également que la complexité de l’organisation est susceptible d’entraver sa capacité même à relever les défis liés à la prévention des abus et à la culture organisationnelle.  

 

« En tant que femme africaine, où que j’aille, je suis souvent confrontée à des attitudes à la fois sexistes et racistes. Je ressens de la peine et de la colère en constatant que plusieurs collègues se sont comportés de la sorte au sein de notre organisation. Nous contestons avec détermination ce genre de comportements inacceptables. Je suis résolue à faire en sorte que notre culture interne soit à la hauteur des valeurs que nous défendons dans notre travail partout dans le monde », poursuit Winnie Byanyima.

 

Parallèlement, la Commission reconnaît les progrès accomplis par Oxfam dans sa stratégie de prévention et de protection, tout comme « la volonté, l’énergie et l’engagement hors norme qui l’animent ». La Commission souligne qu’Oxfam a adopté des mesures décisives depuis février 2018, y compris mais, sans s’y limiter, de nouvelles politiques communes à l’ensemble de la confédération relatives aux comportements sexuels repréhensibles et à la protection de l’enfance, des procédures opérationnelles standard de signalement des incidents et un réseau unique consacré à la prévention et la protection au sein de l’organisation. Le rapport précise par ailleurs qu’Oxfam a élaboré un guide de soutien aux personnes ayant été confrontées à des violences et travaille aux côtés de ses partenaires pour renforcer leur capacité à prévenir et à traiter les comportements repréhensibles. En outre, Oxfam a renforcé ses procédures annuelles de gestion des performances pour s’assurer que la totalité du personnel respecte les valeurs de l’organisation, applique le code de conduite et répond aux attentes en matière de leadership. Tous ces changements s’inscrivent dans la démarche d’amélioration entreprise par Oxfam au titre de son « plan d’action en 10 points » destiné à transformer sa culture interne et à renforcer ses systèmes mondiaux de prévention et de protection. 

 

Comme le souligne Winnie Byanyima : « Je remercie la Commission d’avoir reconnu à leur juste valeur les transformations majeures que nous avons déjà entreprises. Elle a déclaré à juste titre que nous devions à présent avoir l’audace de nous atteler à de nouvelles réformes. Je suis on ne peut plus d’accord avec cette affirmation. Je tiens à présenter mes humbles excuses à tous les membres du personnel et des communautés qui ont souffert à cause d’Oxfam, de ses employé-e-s, de ses dirigeant-e-s, de sa culture. Nous progressons rapidement vers l’instauration d’une nouvelle culture de travail et nous continuerons de mettre en œuvre toutes les recommandations de la Commission ». 

 

Oxfam constate actuellement une hausse du nombre de signalements de faits répréhensibles, grâce au fait que ses mécanismes de prévention et de protection sont de mieux en mieux connus et que la confiance à leur égard s’accroît. L’année dernière, l’organisation a clos 43 dossiers qui se sont soldés par des licenciements pour cause d’abus avérés. « Nous réagirons à chaque incident porté à notre connaissance et prendrons des mesures contre tous les abus, où qu’ils se produisent », déclare Winnie Byanyima.

 

Parmi les autres mesures envisagées par Oxfam figurent les suivantes : 

  • L’établissement d’un nouveau « Fonds mondial pour l’intégrité » doté d’une enveloppe de 550 000 € et destiné à renforcer les activités menées par des organisations de la société civile locales dans le domaine de la prévention et la protection; 
  • Le renforcement de ses propres capacités et moyens de prévention et de protection dans les contextes les plus fragiles et les plus difficiles où elle intervient;
  • La création de deux nouveaux postes de direction au niveau mondial : responsable de l’éthique et responsable de la culture interne. 

Le rapport évoque les quelque 10 000 effectifs d’Oxfam comme son « premier atout » et constate leur détermination « à contribuer à bâtir une Oxfam plus sûre ». 

 

« Je suis profondément impressionnée par le dévouement sans faille de mes collègues, dont le rapport reconnaît le travail inlassable dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans le monde », déclare Winnie Byanyima. « Comme l’affirme la Commission, notre personnel reste très attaché et fidèle aux valeurs d’Oxfam ; il veut voir Oxfam changer et prospérer. Nous nous devons d’être à la hauteur de ses attentes, et il devrait faire partie intégrante de cette démarche. » 

 

La Commission a également fondé ses recherches sur le vécu des communautés locales dans trois pays où plusieurs organisations internationales et locales avaient entrepris des interventions humanitaires de grande ampleur. Dans les cas où la Commission a pu recueillir des renseignements sur des incidents attribués à une organisation particulière ou un individu donné, elle a prévenu cette organisation pour qu’elle mène sa propre enquête. Au cours de ces recherches, la Commission n’a présenté aucun nouveau chef d’accusation d’abus sexuel ni aucune plainte spécifique à l’encontre du personnel d’Oxfam.  

 

Toutefois, d’après Oxfam, l’ampleur des cas d’exploitation et d’abus sexuels chez les populations locales, que la Commission décrit dans cette partie de sa recherche, n’en reste pas moins choquante et totalement inacceptable. 

 

Selon les propos de Winnie Byanyima : « même si la Commission n’a fait part à Oxfam d’aucune nouvelle accusation concrète d’abus sexuel perpétré par des membres de notre personnel, nous ne devons pas pour autant baisser la garde ni cesser d’intervenir ». Elle indique qu’Oxfam condamne fermement tout type d’abus sexuel commis à l’égard des populations locales vulnérables et que « malheureusement, nous n’avons pas déployé suffisamment d’efforts par le passé pour veiller à ce que les communautés avec lesquelles nous travaillons soient protégées et capables de vivre leur vie dans la dignité. La Commission a exhorté notre secteur à redoubler d’efforts dans ce domaine, et nous sommes prêts à assumer notre part ».

 

Tout en soulignant dans ses conclusions qu’il reste encore un long chemin à parcourir, la Commission reconnaît qu’Oxfam est capable d’être le fer de lance de la transformation du secteur au sens large, étant donné que l’organisation « reconnaît la nécessité et s’engage publiquement en faveur du changement ; est transparente dans ses efforts pour s’attaquer aux comportements sexuels répréhensibles ; investit dans des politiques et des outils « One Oxfam » afin de s’attaquer à ces problèmes dans l’ensemble de la confédération ; [et] emploie un personnel dédié, animé par une forte volonté de changement et désireux d’établir des partenariats durables dans les communautés ». 

 

Comme l’affirme Winnie Byanyima : « La Commission souligne qu’Oxfam a pris une initiative de taille en s’engageant publiquement pour le changement et en faisant preuve de transparence dans son travail. Je suis réconfortée par le fait qu’elle affirme que nous avons le potentiel de devenir une voix qui porte dans la réforme du secteur au sens large. Mais elle nous a aussi prévenus qu’il ne fallait pas sous-estimer la tâche qui nous attend. Je peux vous l’assurer, nous en sommes parfaitement conscient-e-s ».  

Notes aux rédactions

Oxfam a établi la Commission indépendante en février 2018 en lui conférant le mandat exhaustif d’enquêter de manière indépendante et publique sur ses activités et de mettre en lumière les améliorations qu’Oxfam devrait apporter. La Commission a reçu le soutien de plusieurs expert-e-s des droits humains, dont une ancienne ministre de la Condition féminine en Haïti et une spécialiste mondiale de la question des violences sexuelles en situation de conflit. 

 

Plan d’action en 10 points d’Oxfam pour transformer sa culture interne et améliorer ses mécanismes collectifs relatifs à ses politiques et ses pratiques en matière de prévention et de protection. 

Contact

Matt Grainger, matt.grainger@oxfam.org, +44(0)7730680837 

 

Twitter: @Oxfam