La faim fait rage, mais a disparu de l’agenda politique

En réponse aux nouveaux chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui montrent que le nombre de personnes souffrant de la faim augmente, principalement à cause des conflits et de la crise climatique, la directrice générale d'Oxfam International, Winnie Byanyima réagit:

« Malgré la montée de la faim et deux crises des prix des denrées alimentaires en dix ans, la faim a disparu de l'agenda politique.

« Les gouvernements doivent d'urgence s'accorder sur de nouvelles stratégies qui s'attaquent aux causes structurelles de la faim : la crise climatique, les conflits, et un système alimentaire mondial qui place des intérêts particuliers commerciaux devant les besoins des communautés souffrant de la faim, les agriculteurs familiaux et l'agriculture durable.

« Les gouvernements doivent changer les politiques agricoles pour faire en sorte qu'elles contribuent à lutter contre la faim. Ils doivent immédiatement réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider les paysans à adapter leur agriculture à un climat de plus en plus extrême et instable.’’

« Les gouvernements doivent renforcer le soutien apporté aux femmes: elles constituent jusqu'à la moitié des producteurs alimentaires dans les pays en développement, mais mangent généralement moins, en dernier, et moins bien lorsque les ménages sont à court de nourriture. »

Notes aux rédactions: 
  • Des porte-paroles d'Oxfam sont disponibles pour des entretiens, dont Marc Cohen, co-auteur du rapport.
  • Le nouveau rapport d'Oxfam "Inégalités de genre et insécurité alimentaire : 10 ans après la crise des prix des denrées alimentaires, pourquoi les femmes souffrent-elles toujours de la faim ?" (en anglais) analyse les réformes mises en place depuis la crise des prix des denrées alimentaires de 2007-2008 et 2010-2011, et souligne les raisons pour lesquelles ces réformes ne suffiront pas à éviter une autre crise ou à éradiquer la faim.
  • Les femmes jouent un rôle crucial dans l'agriculture, nourrissant des centaines de millions de personnes à travers le monde. Elles font cependant face à une discrimination systémique,
  • par exemple s'agissant des droits d'accès à la terre ou au crédit. De plus, la FAO a sans cesse souligné que les femmes sont plus susceptibles de souffrir de la faim que les hommes.  Elles sont aussi affectées de manière disproportionnée par les changements climatiques, les conflits et les déplacements.
  • Lors d'une première crise, le prix des denrées alimentaires a brusquement augmenté de 83% entre le début de l’année 2007 et mai 2008. Une deuxième flambée des prix, similaire, a eu lieu entre 2010 et 2011. Cette volatilité des prix s’explique par de nombreux facteurs, comme la spéculation sur les denrées alimentaires, une demande croissante pour les agro carburants, une diminution des réserves alimentaires, l’utilisation de denrées pour l'alimentation animale, et les événements météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques. Des problèmes structuraux ont aussi contribué au pic des prix: la libéralisation à outrance des échanges commerciaux agricoles, la concentration des acteurs agro-alimentaires dans les mains de quelques multinationales, la marginalisation des agriculteurs familiaux, des investissements publics dans l’agriculture en berne et la baisse de l’aide pour le développement dans l’agriculture familiale et paysanne.
  • Dans un rapport de 2008, la Banque mondiale démontre qu’investir dans la croissance de l’agriculture paysanne et familiale est deux à quatre fois plus efficace pour réduire la faim et la pauvreté que d’investir dans un autre secteur.
Contact: 

Florian Oel | Brussels | florian.oel@oxfam.org | office +32 2 234 11 15 | mobile +32 473 56 22 60

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