La politique climat de Danone : le flop avant la COP

Oxfam est déçue par l’indigence de la nouvelle politique climat de Danone, publiée à quelques jours du dommet des Nations unies sur le climat (COP 21). Oxfam dénonce le fait que les engagements de l’entreprise ne permettent ni de réduire les émissions de gaz à effet de serre, ni de s’assurer que les paysan-ne-s et communautés qui fournissent Danone puissent se préparer et s’adapter aux impacts du changement climatique.

« Il est consternant de voir Danone, une des plus importantes entreprises françaises, faire un tel flop sur le climat avant la COP à Paris, déclare Jean-Cyril Dagorn, responsable de plaidoyer à Oxfam France. Le géant français devrait saisir l’opportunité de la COP 21 pour prendre des engagements réellement ambitieux de lutte contre le changement climatique dans ses opérations et dans sa chaîne d’approvisionnement. Il n’en est rien, Danone se contente de mesurettes. La planète ne peut pas se permettre d’attendre dix ans pour que les entreprises agissent sur la crise climatique en cours aujourd’hui. »

Dans ce nouveau document, Danone ne fait presque rien en termes de baisse urgente de ses émissions de gaz à effet de serre pour réduire sa contribution au changement climatique et en éviter les dangers. L’objectif principal de l’entreprise ne contient aucun engagement spécifique de réduction sur la plus importante source d’émissions de sa chaîne d’approvisionnement, l’agriculture, qui pèse pour près de 60 % de son empreinte carbone. Cette nouvelle politique ne définit pas non plus d’objectif immédiat de réduction des émissions globales du groupe. Avec une échéance à 2025 pour arrêter d’augmenter ses émissions réelles globales, l’entreprise s’autorise de fait d’émettre des quantités encore plus importantes de gaz à effet de serre pendant les dix prochaines années.

La faiblesse de la politique de Danone est d’autant plus nette au regard des engagements de General Mills, entreprise propriétaire de la marque Yoplait, autre géant du yaourt. Suite à la pression d’Oxfam et de ses soutiens, General Mills s’est en effet engagée à mettre en place un objectif reposant sur la réduction absolue de ses émissions, objectif qui couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du groupe.

La politique de Danone laisse complètement de côté les réponses aux besoins des petits producteurs et productrices agricoles dont Danone dépend si fortement pour se fournir en matières premières. Alors que Danone aurait pu créer un précédent en tant que leader mondial, ses engagements ne permettent pas de construire la résilience dans sa chaîne d’approvisionnement en fournissant aux paysan-ne-s des conditions commerciales justes pour gagner un revenu vital. Ils ne permettent pas non plus de définir une stratégie pour s’adapter aux changements climatiques et météorologiques en cours. Au lieu de ça, la politique de Danone traite de la résilience en se concentrant sur les consommateurs qui doivent changer leurs régimes alimentaires et leurs achats plutôt que sur les évolutions nécessaires des pratiques dans la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

« Les petits productrices et producteurs sont les premières victimes du changement climatique et ne gagnent pas suffisamment leur vie, mais les entreprises comme Danone décident de les laisser se battre seuls plutôt que d’investir dans leur résilience, ajoute Jean-Cyril Dagorn. Juste avant la COP 21, Danone avait l’occasion de montrer son leadership sur le changement climatique mais a préféré rester à la traîne. »

Oxfam estime que les dix plus grandes entreprises agroalimentaires mondiales – Associated British Foods, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelēz International, Nestlé, PepsiCo et Unilever – émettent davantage de gaz à effet de serre que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis.

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