Trailwalker : marchez pour collecter des fonds

Samedi matin, Oxfam Trailwalker, France 2015. Photo : Laurent Carré/Oxfam
Samedi matin, Oxfam Trailwalker, France 2015. Photo : Laurent Carré/Oxfam

Depuis 1981, des Fagnes belges au lac Taupo en Nouvelle-Zélande, des équipes de marcheuses et marcheurs relèvent le défi du Trailwalker. À l’origine un entraînement militaire des Gurkhas, ce défi sportif est désormais co-organisé par Oxfam. Avec 17 éditions dans 9 pays, l’Oxfam Trailwalker mobilise des hommes et des femmes du monde entier. C’est une épreuve de vitesse et d’endurance à travers des paysages spectaculaires, mais aussi et surtout une aventure humaine faite de rencontres et de solidarité, où chaque pas compte pour collecter des fonds. 

À vos marques, prêts, partez ! Trailwalker de Melbourne, 2015. Photo : Martin Wurt/Oxfam Australie

Avant de prendre le départ, il faut non seulement s’entraîner, mais aussi collecter des fonds, toujours avec l’aide et les encouragements d’Oxfam. Cette année, à Sydney, l’Oxfam Trailwalker offrait un prix incomparable. Les équipes du Trailwalker de Sydney recevaient un ticket de tombola par tranche de 200 dollars australiens enregistrés sur leur page entre le 24 juin et le 15 juillet 2015. L’équipe gagnante du tirage au sort et celle qui a réuni le plus de dons ont pu disposer d’une toilette réservée à leur usage à chaque point de contrôle ! Dons de l’entourage, parrainages, mais aussi barbecues, vente de gâteaux, lavage de voitures, concerts... Des fonds sont collectés de mille et une manières pour soutenir l’action et les projets d’Oxfam.

En Australie, les équipes du Trailwalker peuvent remporter le droit de disposer d’une toilette réservée à leur usage grâce à leur effort de collecte. Photo : Jason Malouin/Oxfam Australie

Dans les South Downs, au Royaume-Uni, compte tenu des liens étroits qui existent entre l’Oxfam Trailwalker et le régiment des Gurkhas, il n’a pas fallu longtemps pour décider qu’une partie des fonds récoltés serait destinée à l’intervention humanitaire au Népal, suite aux deux violents séismes. Deux semaines de collecte spécialement consacrées à cette aide d’urgence ont permis de réunir 159 000 livres sterling supplémentaires avant le lancement de l’événement, le 27 juillet 2015.

Que vous participiez pour la première fois ou que vous soyez multirécidiviste à l’instar les « Legends » (titre honorifique donné à celles et ceux qui ont participé à au moins cinq Trailwalkers en Australie), il est indispensable de s’entraîner sérieusement pour arriver au bout du défi. Nombre d’éditions à travers le monde requièrent en effet de couvrir une distance de 100 km en un temps limité. Karen Franklin, titulaire du statut de « Legend », est accro : elle participe au Trailwalker de Brisbane depuis sa création. « Outre le fait que c’est un moyen fantastique d’entretenir sa forme, l’événement m’a intéressée parce qu’il soutient une association que je trouve formidable et une cause en laquelle ma famille et moi-même croyons fermement », explique-t-elle. 

Oxfam Trailwalker de Brisbane, Australie 2015. Le départ à Mount Glorious. Photo: Oxfam

Le Trailwalker n’est pas facile. Il n’en reste pas moins un défi accessible à toutes et tous, enseignants et militaires, retraités et collègues de bureau, jusqu’à Santiago Velasquez, un étudiant de 19 ans, aveugle de naissance, participant au Trailwalker de 55 km à Brisbane, avec son père, deux de ses professeurs et son chien guide Lockie. Partout dans le monde, des gens ordinaires relèvent un défi extraordinaire.

« Je me réjouis déjà de la satisfaction d’arriver au bout de cette aventure avec mon père. Il m’a tant soutenu et aidé à m’entraîner au cours de ces dernières années », déclare Santiago Velasquez, 19 ans, participant à l’édition 2015 de l’Oxfam Trailwalker de 55 km, à Brisbane.

Oui, le chemin est dur. Mais on y trouve de la satisfaction, de la fierté et de la joie. L’expérience vous marque et reste à jamais gravée dans votre mémoire. Et n’oublions pas le but : il s’agit de collecter des fonds pour alléger les souffrances, lutter contre les injustices et intervenir là où il faut en cas de catastrophe dans le monde.

« Si nous avions mal aux pieds après un tel exploit ? Oui, bien sûr. Mais la douleur était si différente ; elle nous ravissait. Nous avons aimé cette douleur après avoir marché deux jours durant, car c’était une conséquence de ce qui sera probablement le plus grand défi physique de notre vie. » Dippak Basavaraj, de l’équipe Another Mile Ahead, Oxfam Trailwalker de Bangalore, Inde 2015.

Les efforts de collecte de Dippak et son équipe ont été récompensés par la présence de Rahul Bose, ambassadeur d’Oxfam, qui les a accompagnés sur une partie du parcours. Photo : Oxfam Inde.

Le Trailwalker est un moyen formidable de faire des rencontres. Il rassemble des gens de tous les horizons dans la fièvre du plus grand événement de collecte d’Oxfam et, surtout, dans la volonté de changer la donne. Tout le monde ne s’inscrit pas en ayant déjà une équipe au complet. Le réseau Lonely Boots d’Oxfam permet de réunir des personnes recherchant des coéquipières et coéquipiers. C’est ainsi que l’équipe Team Caribu (Trailwalker Belgique) s’est constituée. Ses membres, de trois pays différents, se sont entraînés chacun de leur côté et ne se sont rencontrés que le jour du départ. 

« C’était une aventure très spéciale de mettre sur pied une équipe avec des membres issus de différents pays (France, Belgique et Allemagne) et qui se sont rencontrés la première fois le jour-J. » Maike Rochon, équipe Team Caribu.

Oxfam Trailwalker de Melbourne, Australie 2015. Point de contrôle 5. Belinda Ali, bénévole, avec son mari Jafer Ali. Photo : Timothy Herbert/Oxfam Australie

Le Trailwalker, ce n’est pas uniquement des équipes de marcheuses et marcheurs engagés. Leurs supporters jouent un rôle essentiel en leur apportant des vêtements de rechange et de quoi se requinquer aux étapes, en massant les pieds endoloris, mais aussi en entretenant leur moral dans les moments difficiles. Des bénévoles gèrent aussi les points de contrôle, balisent le parcours, enregistrent les équipes et prodiguent des encouragements à toutes les équipes. Sans ces merveilleux bénévoles, les Oxfam Trailwalkers ne pourraient tout simplement pas avoir lieu.

« Dire que j’ai aimé serait un euphémisme. Un défi aussi éprouvant et passionnant vous embarque sur des montagnes russes d’émotions. C’est si dur, mais il y a un tel esprit, plus particulièrement pour les équipes qui peinent. Quand elles atteignent une nouvelle étape, c’est l’exaltation. L’événement est totalement addictif. J’aimerais y participer tous les ans en tant que bénévole pour Oxfam, si ce n’est en tant que supporter d’une équipe », témoigne Heather Westron, qui a déjà l’expérience de marcheuse et de bénévole au Trailtrekker.

La joie sur la ligne d’arrivée ! Oxfam Trailwalker, France 2015. Photo : Laurent Carré/Oxfam France.

Pour Elena Rodriguez, d’Oxfam Intermón, qui organise le Trailwalker à Madrid et à Gérone, « à chaque Trailwalker, on fait le plein de kilomètres et d’émotions. Des kilomètres qui changent la vie de familles en leur donnant accès à de l’eau potable, des outils, des semences et d’autres aides. Des émotions qui changent la vie des participantes et participants et resserrent les liens entre amis et collègues.

Alors, pourquoi ne pas choisir un Trailwalker près ou loin de chez vous, former une équipe et commencer à collecter des fonds pour apporter un changement durable dans la vie de milliers d’hommes et de femmes ?