Crise au Soudan du Sud

Des femmes recueillent de l'eau au Soudan du Sud
Une groupe de femmes recueille de l'eau au Mingkaman, Soudan du Sud. Photo: Kieran Doherty

Le conflit qui continue de miner le Soudan du Sud a plongé le pays dans une crise humanitaire aiguë. L’insécurité alimentaire atteint désormais le niveau d’urgence. Des millions de personnes ont été déplacées et ont toujours cruellement besoin d’une aide humanitaire. Avec votre aide, nous pouvons apporter une assistance vitale à davantage de personnes touchées par ce conflit.

Une catastrophe causée par l’homme

Après des dizaines d’années de conflit, le Soudan du Sud est officiellement devenu un État indépendant en juillet 2011. Tous les espoirs semblaient alors permis : beaucoup ont cru à une croissance et à une paix durable dans ce pays pour lequel ils s’étaient tellement battus.

Malheureusement, à la mi-décembre 2013, une crise présidentielle a éclaté à Djouba. Celle-ci a rapidement dégénéré en conflit politico-ethnique d’envergure nationale, s’étendant à d’autres parties du pays et entraînant la mort de milliers de femmes, d’enfants et d’hommes.

Depuis, plus de 2,5 millions de personnes (une sur cinq) ont été contraintes de partir de chez elles pour fuir les violences. 1,6 million d’entre elles sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que plus de 830 000 ont cherché refuge dans les pays voisins, notamment l’Éthiopie, le Kenya, le Soudan et l’Ouganda.

Malgré la conclusion d’un accord de paix en août 2015, le cessez-le-feu a été violé à de multiples reprises et les combats ont repris, plongeant le pays dans une insécurité croissante, notamment dans les États d’Unité, du Nil Supérieur, de Jonglei et de l’Équatoria occidental. Aujourd’hui, 4,8 millions de personnes manquent cruellement de nourriture et d'eau potable.

Une crise économique profonde

La survie de la majorité de la population sud-soudanaise dépend d’une agriculture de subsistance associant cultures et élevage. Mais les personnes contraintes d’abandonner leurs terres et leur bétail lors des déplacements forcés ont perdu tout moyen de nourrir leur famille.

Le pays s’est enfoncé dans un marasme économique se caractérisant par la flambée des prix alimentaires et de l’énergie et par un coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Le commerce et les marchés locaux se sont effondrés et les réserves alimentaires sont épuisées.

L’ampleur des souffrances humaines

L’augmentation de l’insécurité alimentaire pousse à présent la population dans ses derniers retranchements. Cette crise alimentaire, l’une des pires au monde, risque de s’aggraver encore si les combats se poursuivent.

  • Une personne sur trois se trouve dans une situation de grande insécurité alimentaire
  • Jamais depuis son indépendance, le Soudan du Sud n’avait connu une période de soudure aussi difficile. 5,3 millions de personnes risque de souffrir gravement de la faim cette année.
  • On estime à plus de 686 000 le nombre d’enfants de moins de cinq ans (soit un sur quatre) souffrant de malnutrition aiguë sévère.
  • 6,1 millions de personnes auront besoin d’aide humanitaire d’ici à la fin 2016.
  • 87 % de la population n’a pas accès à des installations sanitaires améliorées et seulement 47 % a accès à de l’eau potable.
  • Des dizaines de cas de choléra ont été enregistrés dans le pays au mois de juillet 2016.
  • Outre les violences sexuelles et sexistes endémiques, entre 15 000 et 16 000 enfants sont actuellement enrôlés dans des groupes armés.

Répondre à des besoins croissants : l’action d’Oxfam

Oxfam est active au Soudan du Sud depuis 1983, intervenant sur 21 sites dans 8 Etats. Depuis le début de la crise, en décembre 2013, nous avons apporté une assistance humanitaire à près de 860 000 personnes sous diverses formes : aide alimentaire d’urgence, eau potable et installations sanitaires, promotion de l’hygiène, combustible et aide aux revenus.

En réponse à l'épidémie de choléra, Oxfam a redémarré ses activités de prévention dans la capitale Djouba, espérant toucher jusqu’à 10 000 personnes. Le choléra est une menace constante au Soudan du Sud, et avec l’insécurité qui entrave l’accès à l’eau potable, le risque que cette épidémie fasse plus de victimes est très réel.

Dans le cadre de notre programme de développement à long terme, que nous menons souvent en collaboration avec des organisations partenaires sud-soudanaises, 350 000 personnes ont bénéficié d’activités de soutien à l’agriculture et de renforcement des moyens de subsistance, de consolidation de la paix et de réconciliation, ainsi que de promotion de la bonne gouvernance. Oxfam a également aidé plus de 100 000 réfugiés sud-soudanais en Éthiopie et 145 000 en Ouganda.

  • Depuis nos bases situées dans deux des États les plus gravement touchés, Jonglei et Unity, nous coordonnons des distributions alimentaires pour les personnes déplacées par le conflit, ainsi que les communautés qui les accueillent.
  • Nous creusons ou réparons des puits et restaurons les systèmes de distribution d’eau endommagés, afin d’améliorer l’accès à l’eau potable.
  • Nous construisons des latrines dans les camps de déplacés et les campements sauvages pour y améliorer les conditions sanitaires et d’hygiène et prévenir la propagation de maladies.
  • Nous distribuons des semences et des outils agricoles aux communautés de déplacés, dispensons des formations sur les techniques agricoles et fournissons du matériel de pêche.

Éviter la détérioration de la situation humanitaire

L’aide humanitaire apporte un mieux au Soudan du Sud. Mais avec la recrudescence des violences dans certaines régions, il devient de plus en plus difficile d’acheminer l’aide aux populations et d’accéder aux zones les plus touchées.

Oxfam mène donc campagne avec les citoyennes et citoyens sud-soudanais pour que les responsables politiques nationaux et internationaux mettent fin aux violences et permettent aux organisations humanitaires de porter assistance aux personnes dans le besoin en toute sécurité.

Les bailleurs de fonds doivent honorer les engagements qu’ils ont déjà pris et débloquer rapidement de nouveaux financements pour permettre de faire face à une situation humanitaire et économique qui continue de se dégrader.

Mise à jour : 25 juillet 2016