“Les Afghans ont besoin de bien plus que de solutions militaires. Ils ont besoin d’assistance pour leur agriculture, de meilleures infrastructures, de meilleures écoles et de services de santé.”
Barbara Stocking Directrice d’Oxfam Grande-Bretagne en Afghanistan
Un nouveau rapport publié aujourd’hui par Oxfam International et plusieurs organisations afghanes révèle que pour 70% des Afghans, la pauvreté et le chômage sont les principales causes du conflit qui touche leur pays. Pour la population afghane, les autres facteurs responsables du conflit sont dans l’ordre la faiblesse et la corruption du gouvernement, les Talibans et enfin l’ingérence des pays limitrophes.
Le nouveau rapport d’Oxfam International, « Les coûts de la guerre », présente les résultats d’enquêtes de terrain qui mettent en évidence l’effroyable situation d’un pays à genoux après 30 ans de conflits. Selon cette étude, faite auprès de 704 Afghans à travers tout le pays :
Pour Grace Ommer, directrice d’Oxfam Grande-Bretagne en Afghanistan : « Depuis 30 ans, les Afghans endurent d’énormes souffrances et la société afghane est dévastée. Des millions de personnes ont été tuées et plus encore forcées de fuir leurs foyers. Les responsables des pires abus n’ont pas été traduits en justice et vivent en toute impunité. »
« Tous ces dégâts ne pourront être réparés du jour au lendemain et il faudra du temps pour que les dommages économiques, sociaux et psychologiques soient compensés. La communauté internationale doit reconnaître cela et comprendre que les Afghans ont besoin de bien plus que de solutions militaires. Ils ont besoin d’assistance pour leur agriculture, de meilleures infrastructures, de meilleures écoles et de services de santé. »
« Les Afghans ne demandent que la paix et la fin du conflit. Ils réclament qu’on s’attaque aux causes profondes du conflit, en particulier la pauvreté. Parmi les personnes interrogées, un homme nous a confié que les personnes sans emploi ‘sont prêtes à tout’. La communauté internationale doit garder à l’esprit ces propos et fournir une aide plus efficace pour relancer l’économie afghane. »
Depuis l’invasion soviétique du pays en 1979, une personne interrogée sur dix a été emprisonnée au moins une fois. Une sur cinq (21%) a été torturée, en prison ou par l’un des nombreux groupes armés, dont un tiers de femmes. Seul 1% affirme avoir reçu des compensations pour les préjudices subis.
Azim Mohammad, de Nangarhar, a expliqué aux associations : « Quelles sont selon vous les conséquences de deux millions d’Afghans martyrisés, de la destruction de 70% du pays et d’une économie en ruine ? La moitié de notre peuple perd la tête. Un homme de 30 ou 40 ans en paraît 70. Nous vivons constamment dans la peur, nous ne sommes nulle part en sécurité en Afghanistan. »
Pour la majorité des personnes interrogées, la pauvreté, la corruption, les injustices et les souffrances causées aux civils ne font qu’alimenter l’augmentation de l’insécurité.
Au cours de l’enquête, les Afghans ont pu donner leur avis sur les mesures que devraient prendre les politiciens, les forces militaires, les groupes rebelles et la communauté internationale. Ils souhaitent avant tout qu’un état de droit soit instauré à tous les niveaux, que la corruption soit combattue et qu’un terme soit mis à la culture d’impunité.
Beaucoup estiment que l’aide internationale ne parvient pas à ceux qui en ont le plus besoin et que cet argent devrait en priorité améliorer les systèmes de santé et d’éducation ainsi que participer à la création d’emplois.
Pour de nombreuses personnes, la sécurité des civils devrait être la priorité de l’ensemble des parties au conflit. Entre les mois de janvier et d’octobre derniers, 2 021 civils ont perdu la vie.
« L’aspiration des Afghans à vivre en sécurité devrait pousser l’ensemble des parties à ne plus prendre les civils pour cible » ajoute Grace Ommer.
« Les forces internationales devraient renforcer les interdictions des frappes aériennes et des raids nocturnes. Ils doivent mener des enquêtes transparentes pour chaque suspicion d’attaque à l’encontre de civils et fournir des réparations adaptées. »
« Les Afghans interrogés estiment également que les Talibans et autres insurgés devraient cesser immédiatement de prendre pour cible les civils et de se réfugier dans des zones civiles, mettant ainsi en première ligne les Afghans. »
Les coûts de la guerre en images
Le travaille d'Oxfam en Afghanistan
Télécharger notre rapport: Les coûts de la guerre
Pour davantage d'informations, veuillez contacter:
A Kaboul: Ashley Jackson, Oxfam International, ajackson@oxfam.org.uk, +93 700 278 657, OU Ahmad Fawad, Sanayee Development Organization (SDO), sanayee@gmail.com, +93 774 662 266
En GB: Sean Kenny, skenny@oxfam.orgl.uk, +44 7766 443 506