"Pour mieux nous protéger, écoutez-nous" : les communautés touchées par la guerre lancent un appel aux casques bleus

“Les communautés locales sont les mieux placées pour expliquer ce qui doit être fait pour assurer leur sécurité. Les forces chargées du maintien de la paix se doivent d'être à leur écoute.”
Kirsten Hagon
Responsable du bureau d'Oxfam à New York
Publié le : 22 Novembre 2010

Dans un nouveau rapport, Oxfam appelle les missions de l'ONU à engager le dialogue avec les groupes locaux.

Dans le monde entier, les forces des Nations unies chargées du maintien de la paix sont un des principaux instruments de protection des civils pris en otage par les conflits armés. Toutefois, elles s'engagent rarement auprès des communautés locales qu'elles sont censées protéger. Tel est le constat dressé par l'organisation internationale Oxfam.

Dans un rapport intitulé "Tendre la main aux communautés : le prochain défi pour le maintien de la paix", Oxfam déplore que la volonté d'être à l'écoute des communautés et de prendre des mesures fermes pour les protéger varie d'une mission à une autre. Cet appel a été lancé alors même que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunissait ce lundi 22 novembre afin de débattre sur la meilleure façon de protéger les populations civiles et d'améliorer les opérations de maintien de la paix.

Oxfam explique qu'à défaut de directives claires, de formations et de préparations adaptées du personnel, la plupart des bataillons sur le terrain ont des interprétations différentes de ce que signifie réellement la "protection des civils" et de la façon la plus appropriée d'appliquer cette protection. 

"En 2010, malgré des années d'expérience, du Kosovo jusqu'au Congo, la réponse apportée par la communauté internationale sur les principaux foyers de troubles reste encore inadaptée. Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies considère la protection des civils comme une priorité, toutes les missions ne l'appliquent pas sur le terrain", explique Kirsten Hagon, responsable du bureau d'Oxfam à New York.

"Les communautés nous disent qu'elles souhaitent communiquer et parler avec les casques bleus. Elles ne comprennent pas pourquoi les délégations de l'ONU traitent avec les responsables du gouvernement sans prendre la peine de discuter avec elles. Les communautés locales sont pourtant les mieux placées pour expliquer ce qui doit être fait pour qu'elles se sentent en sécurité. Les casques bleus doivent les écouter."

Le rapport d'Oxfam se base sur une enquête de terrain menée en République démocratique (RD) du Congo et dans le sud du Soudan ainsi que sur la longue expérience d'Oxfam. Ses constats sont le résultat d'entretiens avec les communautés touchées par les conflits au sud du Soudan et en RD Congo. L'organisation a également interrogé des représentants de gouvernements locaux et régionaux, des ONG locales, de la police, des militaires ainsi que les représentants des missions de maintien de la paix, des programmes et agences humanitaires de l'ONU.

"Le débat au Conseil de sécurité sur la protection des civils représente pour l'ONU une opportunité de donner des directives plus claires aux casques bleus afin qu'une meilleure écoute des communautés locales devienne une composante essentielle de la protection des civils", ajoute Kirsten Hagon.

Le rapport plaide en faveur de mesures simples et efficaces pour améliorer la protection des civils comme des missions visant des résultats concrets, l'engagement auprès de groupes locaux, l'augmentation du nombre de femmes au sein des missions de l'ONU, l'amélioration des patrouilles ou encore la mise en place de permanences téléphoniques entre les communautés et les missions de l'ONU. 

"En cas de situation d'urgence majeure, les civils sont toujours les plus touchés, rappelle Kirsten Hagon. Dans chaque situation de crise, ce sont les civils qui payent toujours le plus lourd tribut. Les missions de l'ONU ont pour objectif de protéger les familles et communautés touchées par les conflits. Le moins qu'elles puissent faire est d'être à leur écoute."

En savoir plus

Télécharger le rapport - Tendre la main aux communautés : le prochain défi pour le maintien de la paix

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Notes aux rédactions

  • L'ONU est le plus grand contributeur multilatéral à la stabilisation post-conflit dans le monde 
  • Plus de 124 000 personnes sont en mission sur 16 opérations de maintien de la paix dans des pays tels que la République démocratique du Congo, le Soudan ou la Côte d'Ivoire menées directement par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations unies sur quatre continents

Contacts

Louis Belanger, Responsable média, New York (+1) 917 224 0834