Passage de frontière, Gaza

Il faut plus qu’un cessez-le-feu pour la population de Gaza

“La communauté internationale ne peut plus tolérer le blocus comme une partie intégrante de la vie à Gaza.”
Nishant Pandey
Directeur pays d'Oxfam
Publié le : 6 Décembre 2012

Oxfam voit dans le cessez-le-feu récemment conclu une opportunité de briser le cycle de la violence et de lever le blocus de Gaza une fois pour toutes.

Dans un nouveau document d’information intitulé « Au-delà du cessez-le-feu : mettre fin au blocus de Gaza », Oxfam met en avant des mesures spécifiques et concrètes que la communauté internationale et le gouvernement israélien doivent prendre pour enfin mettre un terme au blocus de Gaza, instauré il y a cinq ans, qui a dévasté l'industrie agricole et le secteur de la pêche, a mené à la fermeture 60% des industries et des commerces de Gaza, a engendré des milliards de pertes commerciales et plongé 80% de la population gazaouie dans une dépendance à l’aide humanitaire.

Selon Nishant Pandey, directeur pays d’Oxfam :

« La communauté internationale ne peut plus tolérer le blocus comme une partie intégrante de la vie à Gaza. Les négociations en cours entre le Hamas et le gouvernement israélien représentent une opportunité sans précédent – il faut plus qu’un cessez-le-feu pour la population de Gaza, elle a besoin de la fin du blocus une bonne fois pour toutes. »

D’après Martin Hartberg, responsable du plaidoyer d’Oxfam pour le Territoire palestinien occupé et Israël :

« Oxfam travaille depuis cinq ans pour aider à améliorer la vie des Palestiniens de Gaza, mais tant que le blocus reste en vigueur, nous sommes contraints d’essayer de sauver un navire en train de couler avec des seaux. »

« Il incombe aux Israéliens, aux Palestiniens et aux responsables politiques internationaux d’instaurer les changements durables dont les populations ont besoin. En plus d'un arrêt complet de la violence par les deux parties, les Palestiniens de Gaza doivent être autorisés à se déplacer entre Gaza et la Cisjordanie en toute sécurité, à tisser des liens commerciaux, et à réduire leur dépendance vis-à-vis de l'aide internationale. Tant que les Palestiniens de Gaza resteront isolés, les perspectives de paix pour les Israéliens et les Palestiniens resteront lointaines, et les chances de voir l'économie de Gaza se rétablir encore plus faibles. »

Dans ce document d’information, Oxfam appelle les responsables politiques internationaux à :

  1. Faire pression sur le gouvernement israélien pour mettre fin immédiatement et définitivement au maintien militaire de la « zone tampon » terrestre et maritime et trouver des moyens alternatifs pour protéger sa frontière avec Gaza, qui ne portent pas atteinte aux civils.
  2. Faire pression pour le déploiement d'une force internationale d'inspection, dotée des ressources suffisantes, qui aurait pour mandat de surveiller et sécuriser tous les points de passage, dont le passage de Rafah et les tunnels, dans le respect du droit international.
  3. Soutenir la reconstruction du terminal de fret de Karni ainsi que d'un nouveau port maritime, et autoriser les biens commerciaux à entrer et sortir de la bande de Gaza.
  4. Faire pression sur le gouvernement israélien pour faciliter la libre circulation des personnes entre Gaza et la Cisjordanie, tout en développant des systèmes de transit.

En savoir plus

Télécharger le rapport « Au-delà du cessez-le-feu : mettre fin au blocus de Gaza »

Blocus de gaza

Notes aux rédactions

  • Les équipes d’Oxfam à Jérusalem et à Gaza sont disponibles pour des interviews et des réunions d’information afin de commenter le document « Au delà du cessez-le-feu » et l’impact des récentes violences, du cessez-le-feu et du blocus sur les programmes d’Oxfam et de ses partenaires.
  • A cause des restrictions sur les terres cultivables situées dans la « zone tampon » – une zone interdite d’accès mise en place et maintenue par Israël dans le périmètre de Gaza, qui comprend 35% des terres arables – la production agricole annuelle de Gaza a été réduite à 75 000 tonnes. Cela représente une perte de 50,2 millions de dollars chaque année pour les agriculteurs de Gaza.
  • Les partenaires d’Oxfam, UAWC et le Palestinian Center for Human Rights (PCHR) travaillent actuellement à protéger les pêcheurs et les fermiers qui ne peuvent accéder à leurs terres et à la mer en toute sécurité. UAWC fournit un soutien aux pêcheurs pour réparer les bateaux endommagés par les bombardements navals israéliens, en leur fournissant de nouveaux matériels de pêche. Le PCHR fournit un soutien juridique, conseille les pêcheurs qui ont été arrêtés, et aide à récupérer les bateaux qui ont été confisqués par la marine israélienne.
  • Depuis le cessez-le-feu, quelques fermiers palestiniens ont pu accéder à leurs terres sans incident, jusqu’à une distance de 100 mètres de la clôture de sécurité, alors que d’autres ont été la cible de tirs en entrant dans la zone interdite d’accès. Avant le cessez-le-feu, il était interdit aux fermiers de se rendre dans leurs champs situés à 500 mètres de la clôture, les restrictions d’accès dans certains zones pouvant s’étendre jusqu’à 1 000, voire 1 500 mètres.
  • Depuis le cessez-le-feu, certains pêcheurs ont été autorisés à aller pêcher jusqu’à 6 miles nautiques des côtes, alors que certains ont été la cible de tirs dans l’ancien périmètre autorisé de 3 miles nautiques. D’après les accords d’Oslo, les pêcheurs palestiniens sont autorisés à sortir en mer jusqu’à 20 miles nautiques des côtes, bien que cette limite ait été progressivement réduite à cause du blocus naval.

Contacts

Willow Heske, Responsable médias pour le Territoire palestinien occupé et Israël : +972 (0) 59-713-3646 / +972 (0) 54-639-5002 / willow.heske@oxfamnovib.nl

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