Renforcer la résilience face au changement climatique pour lutter contre la faim au Niger

Recurring droughts in Niger caused pastoralists to have lost a huge part of their cattle. Oxfam's partner AREN gave Namata goats to sustain her family during the dry period of the year. Photo: Tom Saater/Oxfam
Recurring droughts in Niger caused pastoralists to have lost a huge part of their cattle. Oxfam's partner AREN gave Namata goats to sustain her family during the dry period of the year. Photo: Tom Saater/Oxfam

Le changement climatique est une menace planétaire : tous les pays, sur tous les continents, sont désormais touchés. Mais ce sont les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde – celles qui dépendent de la pluie pour leurs cultures, qui vivent dans la précarité, dans des régions défavorisées, et qui ne peuvent compter sur aucune épargne ni assurance – qui en souffrent le plus.

Dans la région de Bermo, au sud du Niger, le changement climatique a de graves répercussions sur la communauté pastorale. Les sécheresses récurrentes ont entraîné une érosion des sols et tué la majeure partie du bétail. Chaque année, des membres de la communauté doivent partir à la recherche de nourriture et d’eau avec les bêtes restantes.

Pour ceux qui restent dans la région, survivre est alors encore plus difficile. Pendant l’absence des éleveurs, leurs familles doivent continuer à manger, boire et vivre. Pour les femmes et les enfants, c’est une époque de pénurie et de faim.

En collaboration avec son partenaire, l’Association pour la redynamisation de l’élevage au Niger (AREN), Oxfam travaille sur la mise en place d’activités génératrices de revenus durables destinées à renforcer la résilience de la population face au changement climatique et à l’insécurité alimentaire.

Des petits commerces pour générer de nouveaux revenus

Yagana Boukar, 50 ans, avec les articles qu’elle vend pour gagner un petit revenu.

Dans le cadre d’un programme « argent contre travail », nous aidons les femmes restées seules à créer un petit commerce (de vêtements par exemple) afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins et gagner leur vie par leurs propres moyens.

Yagana vient de Zarwaram, un village situé au bord du lac Tchad, où elle vendait des bijoux et des produits de maquillage. Par peur de Boko Haram, elle a quitté son village et vit maintenant dans le camp de Diffa. L’argent gagné dans le cadre du programme d’Oxfam lui a permis de monter un petit commerce.

L’AREN a créé Artizani, une organisation qui dispense des formations pour trouver des sources de revenu et gérer l’argent, par exemple la fabrication et la vente de produits artisanaux.

Des bijoux, des vêtements, des broderies et des articles en cuir traditionnels sont ainsi fabriqués dans l’espace artisanal et artistique du village. Au début, les femmes allaient vendre leurs produits à Niamey, mais maintenant les affaires marchent si bien que les commandes arrivent directement de la capitale.

Les recettes sont divisées en deux : une partie est investie dans de nouveaux outils et matériaux pour poursuivre la fabrication tandis que l’autre partie est investie dans le ménage.

Stockage de céréales

Ouma Bermo, au centre de la photo, est la présidente de la banque de stockage des céréales créée par l’AREN avec le soutien d’Oxfam. L’AREN a formé les communautés à la gestion de cette réserve.

La banque de stockage permet aux communautés de passer les périodes de disette. Les céréales sont achetées en période d’abondance, quand les prix sont bas. Lorsque la nourriture se fait rare, les habitants peuvent accéder aux céréales stockées. Cela leur permet d’anticiper les fluctuations de prix et de mieux faire face à l’insécurité alimentaire.

Conservation du lait

Marjama Hoodi est la présidente d’une laiterie locale. L’argent qu’elle gagne lui permet de ne pas dépendre de son mari. Elle peut s’acheter ce dont elle a besoin et envoyer les enfants à l’école.

L’AREN, a construit une petite laiterie où le lait peut être conservé à basse température. La communauté peut également utiliser les locaux pour produire du fromage et du yaourt, qui sont vendus sur place et dans la région.

Les femmes de la communauté ont reçu douze vaches afin qu’elles puissent continuer à disposer de lait et à gagner de l’argent quand le bétail est parti, pendant la saison sèche. Le fait de changer la façon dont le lait est produit et conservé pour éviter les pertes permet à la communauté d’utiliser ses ressources plus efficacement.

De l’eau potable sur une terre aride

Ardo Ado Maazou est un chef de village pastoral. Il est aussi responsable du point d’eau de la région, construit par l’AREN.

La communauté est formée pour entretenir le puits et a reçu du matériel pour mesurer la qualité et la profondeur de l’eau. Depuis sa construction, les animaux sont en meilleure santé et les habitants ne doivent plus aller aussi loin pour se procurer l’eau dont a besoin leur famille. « Nous avons également appris des techniques pour améliorer le sol. Cela fait repousser l’herbe, il y a de la nourriture pour les bêtes. Et cela aide à réduire les feux de brousse », se réjouit Ardo.

Face aux violences de Boko Haram dans la région et à l’assèchement du lac Tchad, nombre de personnes ont fui. Malgré la pauvreté, l’instabilité politique et l’insécurité alimentaire permanente dans le pays, les réfugiés sont pris en charge dans des camps installés autour du village de Diffa, près de la frontière avec le Nigeria. Le manque d’eau potable pose cependant un problème majeur et met en difficulté la communauté d’accueil.

Oxfam a foré plusieurs puits afin d’approvisionner les réfugiés et les communautés qui les accueillent en eau potable. Pour 2 000 CFA par mois (soit 3,5 USD), chaque famille a un accès illimité à l’eau. L’argent récolté sert à l’entretien des panneaux solaires qui alimentent la pompe. Nous avons également mis en place un comité de l’eau dont nous avons formé les membres à l’entretien et à la gestion de l’eau et de la source d’énergie.

Il est urgent d’agir

La vulnérabilité des paysans et des éleveurs face aux conditions météorologiques extrêmes est telle dans la région du Sahel que 24 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire cette année.

Le changement climatique a déjà un effet dévastateur à travers le monde et les populations les plus pauvres et les plus vulnérables en souffrent le plus alors même qu’elles ne sont pas responsables du problème.

Les gouvernements peuvent encore éviter une catastrophe humanitaire, mais ils doivent agir sans plus tarder.