Les 1 % les plus riches ont épuisé leur « budget carbone » pour 2026 en seulement 10 jours, alerte Oxfam

Publié: 9th janvier 2026

Dix jours à peine après le début de l’année, les 1 % les plus riches ont déjà consommé la totalité de leur budget carbone annuel (soit la quantité de CO₂ qu’il est possible d’émettre tout en respectant la limite de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle), selon une nouvelle analyse d’Oxfam. Les 0,1 % les plus riches avaient franchi ce seuil dès le 3 janvier. 

Oxfam a baptisé cette date « La Journée des Pollutocrates » pour illustrer à quel point les ultra-riches sont disproportionnellement responsables de la crise climatique et pour rappeler que leurs excès ont des conséquences dramatiques. Les émissions générées en une seule année par les 1 % les plus riches devraient provoquer, d’ici la fin du siècle, 1,3 million de décès liés aux vagues de chaleur. Des décennies de surconsommation par les ultra-riches entraînent également des dommages économiques considérables pour les pays à revenu faible ou intermédiaire, qui pourraient atteindre 44 000 milliards de dollars d’ici 2050. 

Pour rester sous la barre des +1,5 °C, les 1 % les plus riches devraient réduire leurs émissions de 97 % d’ici 2030. Pendant ce temps, celles et ceux qui ont le moins contribué à la crise climatique, parmi lesquels on compte les habitants des pays à faible revenu, particulièrement vulnérables à la crise climatique, les peuples autochtones, les femmes et les filles, en subiront les pires conséquences. 

« Les recherches le montrent encore et encore : les gouvernements disposent d’une solution claire et simple pour réduire drastiquement les émissions et combattre les inégalités : cibler les plus gros pollueurs. En s’attaquant à l’irresponsabilité climatique des ultra-riches, les dirigeants et dirigeantes de la planète ont la capacité de remettre le monde sur la voie des objectifs climatiques et même de générer des bénéfices nets pour les populations et la planète. C’est une question de volonté politique », déclare Nafkote Dabi, responsable du plaidoyer climat chez Oxfam International. 

En plus des émissions liées à leur mode de vie, les ultra-riches investissent massivement dans les industries les plus polluantes. Selon Oxfam, chaque milliardaire détient en moyenne un portefeuille d’investissements dans des entreprises qui produisent 1,9 million de tonnes de CO₂ par an, enfermant encore davantage le monde dans la spirale du dérèglement climatique. 

Les individus et entreprises les plus riches détiennent également un pouvoir et une influence disproportionnés. Lors du dernier sommet de la COP au Brésil, par exemple, le nombre de lobbyistes des entreprises fossiles (1 600) dépassait celui de toutes les délégations, à l’exception du pays hôte. 

« L’immense pouvoir et la richesse des ultra-riches leur permettent aussi d’exercer une influence injuste sur les politiques publiques et d’affaiblir les négociations climatiques », ajoute Nafkote Dabi. 

Oxfam appelle les gouvernements à réduire les émissions des ultra-riches et à faire payer les gros pollueurs en mettant en place : 

  • Une hausse des impôts sur les revenus et la fortune des ultra-riches, et un soutien actif aux négociations pour une Convention fiscale internationale à l’ONU, afin de bâtir une architecture mondiale plus équitable.
  • Une taxe sur les profits excessifs des entreprises fossiles. Une taxe sur les profits des super-pollueurs appliquée à 585 compagnies pétrolières, gazières et charbonnières pourrait rapporter jusqu’à 400 milliards de dollars dès la première année, soit l’équivalent des coûts des dommages climatiques dans les pays du Sud global.
  • L’interdiction ou la taxation punitive des biens de luxe à forte intensité carbone, comme les super-yachts et les jets privés. En effet, l’empreinte carbone accumulée par un ou une ultra-riche européen/ne en une semaine d’utilisation de ces biens équivaut à l’empreinte carbone totale sur toute une vie d’une personne parmi les 1 % les plus pauvres du monde.
  • La construction d’un système économique égalitaire qui place les personnes et la planète en premier, en rejetant l’économie néolibérale dominante et en évoluant vers un modèle fondé sur la durabilité et l’égalité. 

Notes aux rédactions

Le dernier rapport d’Oxfam, « Climate Plunder: How a powerful few are locking the world into disaster », révèle qu’une personne appartenant aux 0,1 % les plus riches émet plus de CO₂ en une journée que les 50 % les plus pauvres en une année. Si tout le monde polluait autant que les 0,1 % les plus riches, le budget carbone mondial serait épuisé en moins de trois semaines. 

Selon le rapport d’Oxfam « A planet for the Richest 99% », les émissions des 1 % les plus riches en 2019 suffisaient à provoquer 1,3 million de décès liés à la chaleur. 

Le rapport « Les inégalités carbone tuent » montre que la surconsommation des ultra-riches entre 1990 et 2030 cause des dommages économiques nets considérables, affectant principalement les pays à revenu faible ou intermédiaire. Entre 1990 et 2050, ces pays subiront des pertes économiques cumulées de 44 000 milliards de dollars. 

La Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction mondiale, a confirmé que les États ont l’obligation légale de réduire leurs émissions pour protéger les droits universels à la vie, à l’alimentation, à la santé et à un environnement sain. 

Contact

Cass Hebron à Bruxelles | cass.hebron@oxfam.org | +32 485 91 36 88

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