Inégalités extrêmes et services essentiels

aid-main.jpg

Notre économie est défaillante. Du Ghana à l’Espagne, de l’Inde au Brésil, des niveaux de richesse absurdes coexistent avec une pauvreté intolérable. Depuis 2015, 1 % de la population mondiale détient plus de richesse que le reste de l’humanité. Un peu partout dans le monde, une petite élite accapare une proportion de plus en plus importante des revenus de son pays, alors que des centaines de millions de personnes vivent toujours sans eau potable et n’ont pas de quoi nourrir leur famille.

Même si les inégalités extrêmes nous concernent tou-te-s, ce sont évidemment les plus pauvres qui en souffrent le plus, en particulier les femmes et les filles. Malgré de longues heures de travail, elles ne touchent souvent que des salaires de misère et vivent dans des conditions indignes, privées de leurs droits fondamentaux. Dans de nombreux pays, une éducation décente ou des soins de santé de qualité sont devenus un luxe que seul-e-s les riches peuvent se permettre.

La situation en chiffres

26 personnes détiennent à elles seules autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit 3,8 milliards d’individus.

Le nombre de milliardaires a doublé depuis la crise financière et leur fortune combinée s’accroît de 2,5 milliards de dollars US par jour.

Dans les pays du Sud et en Afrique subsaharienne en particulier, plus de 750 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté (soit 1 personne sur 10 dans le monde).

Parce qu’elles doivent débourser les frais de leurs soins de santé, 100 millions de personnes sombrent dans la pauvreté chaque année.

Si les 1 % les plus riches de la planète payaient seulement 0,5 % d’impôt supplémentaire sur leur fortune, cela suffirait largement à financer la scolarisation de 262 millions d’enfants.

Les inégalités extrêmes : un obstacle à la lutte contre la pauvreté

L’écart entre les riches et les pauvres se creuse chaque année et entraîne d’énormes disparités en termes de perspectives de vie. Cela accentue les inégalités existantes dans d’autres domaines, telles que celles basées sur le sexe, le lieu de résidence, l’appartenance ethnique, la race, la caste ou la religion. Par ailleurs, ces inégalités nuisent à nos économies, nourrissent la colère de l’opinion publique et entravent les tentatives d’élimination de la pauvreté dans le monde.

Une grande partie du problème réside dans le nivellement par le bas de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés. Alors que les services publics souffrent d’un sous-financement chronique ou sont sous-traités à des entreprises privées, de nombreux gouvernements soumettent les grandes entreprises et les particuliers fortunés à une imposition trop basse, perdant ainsi des sommes importantes qui pourraient être investies dans les écoles, les hôpitaux et la voirie. L’évasion fiscale des entreprises coûte au moins 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres.

Se battre pour un monde plus juste

Que ce soit en menant campagne pour mettre fin au secret financier, qui laisse des milliers de milliards de dollars s’évaporer dans les paradis fiscaux, ou en encourageant les investissements dans l’accès universel à la santé et à l’éducation, Oxfam s’emploie à assurer que les populations défavorisées reçoivent leur part du pouvoir et des ressources nécessaires à la réduction de la pauvreté et des inégalités.

Nous possédons une expérience éprouvée dans la mise en œuvre de programmes et de campagnes qui font progresser les droits des individus, dans le domaine de la fiscalité, des dépenses publiques et de la responsabilité sociale.

Nos principales démarches :

  • Intervenir dans les domaines de la justice fiscale et de la mobilisation des ressources nationales et prôner des politiques fiscales plus justes en faveur des personnes pauvres
  • Encourager la société civile à faire le suivi des finances publiques et à obliger les gouvernements à répondre de la qualité des services publics et à garantir leur gratuité
  • Soutenir les campagnes de promotion de la santé et de l’éducation et appuyer les organisations qui collaborent avec les gouvernements sur l’adoption de moyens innovants de faire bénéficier les femmes et les filles de ces services.

Les inégalités extrêmes ne sont pas une fatalité. Elles sont le fruit de choix politiques et économiques délibérés, et on peut y remédier.