Népal : trois mois après le séisme, les femmes craignent pour leur sécurité

Publié: 25th juillet 2015

Selon Oxfam, au Népal, les femmes vivent dans la crainte de se faire agresser en raison du manque d’intimité et de sécurité dans les abris temporaires construits au lendemain du séisme qui a ravagé le Népal, le 25 avril dernier.

Selon une étude réalisée par Oxfam dans le district de Dhading, les femmes et les adolescentes ne se sentent pas en sécurité dans les abris temporaires surpeuplés, dépourvus de murs solides et n’offrant souvent aucune intimité. Les toilettes communes et les zones sans éclairage sont également considérées comme des lieux dangereux. Dans de nombreux districts gravement sinistrés, des familles vivent à l’extérieur, sous des bâches en plastique ou des structures en tôle. Le manque d’accès aux services de santé et à l’eau potable pose en outre un risque sanitaire, notamment pour les femmes enceintes.

La situation est particulièrement inquiétante pour les femmes seules, en général des femmes divorcées ou des veuves, qui vivent souvent isolées au sein de leur communauté. Celles-ci reçoivent peu de soutien de leur entourage pour déblayer et reconstruire. Sans l’appui d’un homme qui se porte caution, elles ont également plus de difficultés à accéder à un prêt ou à des indemnités. ONU Femmes estime qu’il y a environ 318 000 ménages dont le chef de famille est une femme dans les 13 districts népalais les plus sinistrés.

« Dans les abris temporaires, les femmes vivent dans la crainte de se faire agresser. Après deux séismes violents, ce problème ne fait qu’aggraver le traumatisme, souligne Cecilia Keizer, directrice pays pour Oxfam au Népal. Les craintes des femmes pour leur sécurité doivent être une priorité absolue pour le gouvernement et les organisations humanitaires. »

Dans les zones rurales, Oxfam a mené des consultations dans le cadre de groupes de discussion afin d’assurer que les besoins particuliers des femmes sont entendus et pris en compte dans les opérations d’intervention suite au séisme. Jusqu’à présent, ce souci s’est traduit par la distribution de kits d’hygiène pour hommes et pour femmes et la construction de sanitaires réservés aux femmes et aux filles. Afin de prévenir les maladies, Oxfam dispense également des services de counselling et des conseils en matière d’hygiène dans le cadre d’émissions de radio.

Sunita Tamang (un faux nom), 35 ans, vient du district de Sindhupalchok. Elle a perdu son mari il y a deux ans et s’est retrouvée sans toit suite au séisme. « Qui pourrait bien me construire une maison, puisque je n’ai personne, demande-t-elle. Mon mari est mort il y a deux ans. Je n’ai pas d’argent pour faire construire. » Oxfam et ses partenaires ont pu construire un abri pour elle et ses deux jeunes fils.

Lily Thapa, directrice de Women for Human Rights (WHR), une organisation partenaire d’Oxfam, explique : « avec le soutien technique et financier d’Oxfam, WHR construit à présent des centres pour femmes dans huit villages de trois districts, afin de procurer aux femmes une plateforme d’échange leur permettant d’en apprendre plus sur les risques. Dans le cadre de ce projet, WHR fournit également une aide psychosociale et aide à obtenir des documents légaux, tels que les cartes d’identité pour les sinistrés du séisme et les certificats de citoyenneté. Nous dispensons également des services médicaux et d’orientation vers les spécialistes appropriés, et nous aidons les femmes à participer à des programmes de travail rémunéré en espèces, ainsi qu’à des programmes de rétablissement et de reconstruction. »

Oxfam place la question de l’égalité hommes-femmes au cœur de son programme d’intervention, dans l’ensemble de ses trois secteurs d’activité : abris, eau et assainissement, sécurité alimentaire et moyens de subsistance. De plus, dans le cadre des centres pour femmes, Oxfam et WHR collaborent avec les administrations publiques des districts afin de développer le leadership des femmes et leur participation dans les opérations humanitaires et de rétablissement.

Notes aux rédactions

Ce samedi, cela fera exactement trois mois qu’un séisme de magnitude 7,8 a secoué le Népal, le 25 avril dernier. Selon les estimations du gouvernement, plus de huit millions de personnes ont été sinistrées. Ce séisme a été suivi d’un autre de magnitude 7,3, le 12 mai, et de plus de 350 répliques.

Oxfam a travaillé avec 21 groupes de discussion dans deux des districts les plus gravement touchés : Dhading et Gorkha. 308 femmes ont participé à ces groupes de discussion dans le district de Dhading et 280 à Gorkha.

Oxfam et ses partenaires au Népal ont déjà apporté une aide essentielle à plus de 360 000 personnes dans sept des districts les plus sinistrés. L’organisation compte porter ce chiffre à 400 000 bénéficiaires d’ici la fin août. Cette aide prend la forme d’abris, de kits d’hygiène, d’eau potable, de vivres et d’équipements sanitaires. Oxfam a fourni plus de 35 000 kits de construction d’abris d’urgence et de transition aux sinistrés du séisme.

Oxfam est active au Népal depuis plus de 30 ans. L’organisation donne aux femmes les moyens de faire valoir leurs droits, aide les petits agriculteurs, hommes et femmes, à faire face aux effets du changement climatique et fournit de l’eau potable aux communautés isolées. Ces dernières années, Oxfam a également travaillé à la préparation des communautés vulnérables en cas de tremblements de terre, d’épidémies, d’inondations et de glissements de terrain.

Women for Human Rights (WHR) est une ONG qui aide les femmes seules au Népal.

Contact

Prerana Marasini, Kathmandu : pmarasini@oxfam.org.uk / +977 9851 222 666

Pour les mises à jour : @Oxfam