Crise des réfugiés et migrants

Fatem, refugee from Syria, was selected to go to Italy with her family through a humanitarian visas programme. Photo: Pablo Tosco/Oxfam

Les fermetures et les restrictions aux frontières ont considérablement aggravé la situation des personnes les plus vulnérables à la recherche de protection et de sécurité en Europe. Photo : Pablo Tosco/Oxfam

Ces dernières années, des millions de personnes dans le monde ont été contraintes de quitter leur foyer. De la guerre en Syrie aux sécheresses dues au changement climatique, elles risquent tout pour échapper aux conflits, aux catastrophes, aux persécutions, à la pauvreté ou à la faim.

Les migrations ne sont pas une menace à endiguer, mais un phénomène complexe à gérer. Les gouvernements ne se sont pourtant pas acquittés de leurs obligations juridiques et morales d’apporter assistance et sécurité aux personnes vulnérables qui ont besoin de protection.

La longue quête d’un refuge

Plus de 70 millions de personnes à travers le monde sont désormais officiellement « déplacées ». C’est le chiffre le plus élevé jamais enregistré par les Nations Unies depuis la Seconde Guerre mondiale. La plupart d’entre elles demeurent à l’intérieur de leur pays d’origine ou restent à proximité de celui-ci, tandis que d’autres s’éloignent davantage, en quête de sécurité et d’une vie digne.

En 2018, au moins 4 245 personnes ont perdu la vie ou ont disparu dans le monde en tentant de fuir pour survivre, en l’absence de routes migratoires sûres et régulières. 2 297 sont mortes en traversant la Méditerranée dans l’espoir de trouver refuge en Europe.

Ces chiffres, tellement énormes qu’ils en deviennent abstraits, cachent la réalité douloureuse d’hommes, de femmes et d’enfants dont la vie a été anéantie par des circonstances indépendantes de leur volonté. Ils ont perdu leur toit, leur emploi et, parfois, leurs proches.

De nombreuses personnes qui arrivent en Europe viennent de pays déchirés par la guerre, comme la Syrie et l’Afghanistan. D’autres ont traversé la Libye, et ils racontent les viols, la torture et le travail forcé qu’ils ont dû affronter pendant leur périple dans ce pays d’Afrique du Nord.

'Olive Grove' camp belongs to the EU refugees 'hotspot' of Moria in Lesvos, Greece. Photo: Giorgos Moutafis/Oxfam

Le camp « Olive Grove », situé à Moria, sur l’île de Lesbos (Grèce), est l‘un des principaux « hotspots » des populations réfugiées en Europe. Les personnes qui habitent ce camp vivent dans des conditions déplorables et dégradantes, qui détériorent leur santé, leur sécurité et leur bien-être. Photo : Giorgos Moutafis/Oxfam

L’abandon en Europe

Après avoir traversé la Méditerranée au péril de leur vie, celles et ceux qui atteignent l’Europe se heurtent chaque jour à l’incertitude et à des problèmes très concrets, qu’il s’agisse de vivre dans des endroits où il n’y a pas de nourriture ni de services essentiels comme les soins médicaux, l’eau et l’assainissement ; d’obtenir de simples renseignements ou de faire face au risque grandissant que représentent la traite d’êtres humains et le trafic de clandestin-e-s.

La fermeture des frontières européennes et les restrictions imposées à la circulation des personnes, l’entente sur la gestion des flux migratoires conclue entre l’Union européenne et la Turquie, ainsi que l’accord passé entre l’Italie et la Libye avec le soutien de l’UE, ont considérablement aggravé la situation des personnes les plus vulnérables qui tentent de trouver sécurité et protection en Europe.

Des milliers de personnes ont été laissées à l’abandon dans des camps surpeuplés des îles grecques, le plus souvent dans des conditions déplorables et sans pouvoir communiquer avec leurs proches qui vivent dans d’autres pays.

D’autres sont interceptées en mer, puis renvoyées dans des conditions atroces et périlleuses dans des centres de détention libyens, tandis que d’autres encore sont bloquées dans les Balkans ou renvoyées d’un pays à l’autre.

Notre action

Nous avons toutes et tous droit à la sécurité et à être traité-e-s avec dignité. Oxfam travaille avec les populations réfugiées et migrantes afin de protéger les personnes qui, ayant été forcées d’abandonner leur foyer, se retrouvent souvent dans la position la plus vulnérable de leur vie. Leur sécurité, leur protection, leur alimentation, leur logement et leurs soins de santé relèvent de la responsabilité de nos gouvernements. Nous sommes solidaires des personnes réfugiées et déplacées, des autres migrant-e-s ainsi que des communautés qui les accueillent.

En Europe, nous avons aidé plus de 288 000 personnes depuis le début de nos opérations en Grèce, en Serbie, en Macédoine et en Italie. Nous fournissons des produits de première nécessité, tels que nourriture, vêtements et nécessaires d’hygiène, ainsi que des conseils juridiques et un soutien psychologique. Nous travaillons également à influencer les politiques européennes afin que l’Europe soit à la hauteur de ses valeurs et de ses responsabilités et qu’elle devienne un lieu d’accueil pour celles et ceux qui ont besoin d’un sanctuaire.

Omar talking to Oxfam staff. Photo: Pablo Tosco/Oxfam

En Europe, nous avons aidé plus de 288 000 personnes depuis le début de nos opérations en Grèce, en Serbie, en Macédoine et en Italie. Nous fournissons des produits de première nécessité, tels que nourriture, vêtements et nécessaires d’hygiène, ainsi que des conseils juridiques et un soutien psychologique. Photo : Pablo Tosco/Oxfam

Aider les réfugié-e-s à vivre dans la dignité en Grèce

En Grèce, nous travaillons avec les personnes arrivant de Turquie pour les aider à conserver leur dignité et leur assurer la protection dont elles ont besoin. En outre, nos partenaires sur l’île de Lesbos offrent une assistance juridique gratuite aux personnes qui demandent l’asile. Oxfam a également formé un réseau d‘intervenant-e-s faisant office de points de contact dans les camps de Lesbos pour faire en sorte que chaque personne puisse recevoir les informations et avoir accès aux services dont elle a besoin – médecins, travailleurs sociaux, avocats – afin de reconstruire sa vie.

Défendre l’aide au développement de l’UE

Au cours des dernières années, l’engagement de l’UE à éradiquer la pauvreté, aider les personnes touchées par la crise et promouvoir le développement durable a été sapé par sa préoccupation immédiate de « s’attaquer au problème de la migration vers l’Europe ». Par conséquent, Oxfam s’efforce d’influencer la politique d’aide au développement de l’UE et de ses États membres, tant à Bruxelles que dans d’autres capitales européennes, afin de s’assurer que celle-ci conserve son objectif principal d’éradiquer la pauvreté et de soutenir les personnes qui en ont le plus besoin – et non les gardes-frontières et les forces de sécurité. L’Europe doit soutenir les efforts de lutte contre les conflits, le changement climatique et d’autres facteurs de déplacement, mais toujours dans l’objectif de résoudre ces problèmes et non d’empêcher les gens d’échapper à la pauvreté et aux situations qui mettent leur vie en danger.