Crise climatique et alimentaire en Afrique de l’Est

Amina (50) is the mother of 12 children. She is from Qararo. She arrived in the Gunagado displacement camp in 2017 after the drought killed her family's cattle and an outbreak of disease (probably cholera) endangered her family.

Amina, 50 ans, est arrivée dans le camp de déplacés de Gunagado en 2017 pour trouver de la nourriture et de l'eau après que la sécheresse a décimé son cheptel. Les communautés pastoralistes de la région Somali ont été particulièrement touchées par quatre années de pluies irrégulières qui ont causé la perte de leur bétail. Photo: Pablo Tosco/Oxfam

L’Afrique de l’Est est en proie à une crise alimentaire dévastatrice. Plus de 22 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire à la suite de changements climatiques extrêmes qui ont provoqué des pénuries  généralisées. Des millions de vies sont également en danger depuis que la région a été infestée par des essaims de criquets pèlerins – une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de ces populations. Oxfam est sur le terrain, fournissant vivres, eau potable et installations sanitaires, mais nous avons besoin de toute urgence de votre aide pour renforcer notre action.

« Nous dépendons du bétail, et s’il n’y a pas de fourrage pour le nourrir, la vie sera difficile. Nous demandons de l’aide de toute urgence. »

Mohammed Hassan Abdille
Agriculteur de Bura Dhima à Tana River, au Kenya

Un cycle dévastateur de sécheresses et d’inondations

Une grave pénurie alimentaire est à l’origine d’une situation alarmante de faim et de malnutrition dans toute l'Afrique de l'Est, en raison de saisons successives de pluies irrégulières et d’une sécheresse prolongée suivie d’inondations dans certaines régions.

Ces conditions climatiques extrêmes ont dévasté des millions de vies, empêchant les populations de se nourrir et les laissant extrêmement vulnérables face à de futures catastrophes. La crise est décuplée par le fait que des millions de personnes ont été contraintes de fuir la région en raison du conflit qui y sévit.

Dans la Corne de l’Afrique, quelque 15 millions de personnes ont des besoins urgents en eau et nourriture à la suite de la sécheresse extrême qui sévit en Éthiopie, en Somalie et au Kenya. En effet, cette sécheresse a anéanti les cultures et le bétail, et le manque d’eau potable accroît les risques de choléra et de propagation d’autres maladies. Comme c’est souvent le cas, les femmes et les enfants sont les plus touchés.

Sept ans après avoir replongé dans le conflit, le Sud-Soudan reste en proie à une crise humanitaire catastrophique. Près de la moitié de la population, soit environ 6 millions de personnes, sont en situation de sous-alimentation alarmante. Cette crise s’aggravera sans doute en 2020, compte tenu des récentes inondations dévastatrices qui ont emporté les récoltes, le bétail et les réserves alimentaires et laissé les populations à bout de ressources.

A farmer trying to chase locusts away in Katitika village, Kitui county, Kenya

Des millions de criquets pélerins ont déferlé sur le Kenya, la Somalie et l'Ethiopie, dévastant cultures et pâturages. Photo: FAO/Sven Torfinn

La pire invasion de criquets depuis des décennies

La région est à présent engagée dans une course contre la montre pour lutter contre une invasion de criquets pèlerins qui se propagent par millions à travers l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie. Ces essaims d’insectes ravageurs continuent de croître ; ils ont atteint l’Ouganda et menacent désormais d’envahir le Soudan et le Sud-Soudan.

C’est la pire invasion observée depuis des décennies, de surcroît aggravée par la crise climatique. Des pluies exceptionnellement fortes ont entraîné la croissance de la végétation dans les zones arides et ainsi fourni aux criquets la nourriture et les conditions nécessaires pour survivre et se reproduire. Un essaim moyen peut contenir jusqu’à 40 millions d’insectes, parcourir jusqu’à 150 km en une seule journée et consommer suffisamment de nourriture pour subvenir aux besoins de 34 millions de personnes pendant cette période.

Si nous n’intervenons pas, cette infestation pourrait durer jusqu’en juin et causer d’importants dommages, dévaster les pâturages et les prairies et décimer les nouvelles cultures vivrières de la saison agricole de mars à juillet.

Notre action

Oxfam et ses partenaires aident actuellement des centaines de milliers de personnes dans ces pays en apportant une assistance vitale sous forme de nourriture et d’eau potable, ainsi qu’une aide financière rapide et flexible, accompagnée d’un soutien à plus long terme pour veiller à ce que les communautés puissent mieux résister aux changements climatiques.

Nous accordons la priorité aux femmes, car elles sont touchées de manière disproportionnée et assument un fardeau considérablement plus important en termes de moyens de subsistance et de charge d’enfants, sans compter qu’elles sont exposées à des risques de violences sexuelles.

Nous préparons également des opérations humanitaires pour lutter contre cette invasion acridienne, en travaillant en étroite collaboration avec les partenaires et les communautés de la région. Nous nous employons à aider plus de 190 000 personnes parmi les plus vulnérables en leur fournissant une aide financière, de quoi nourrir leur bétail, des semences, ainsi que des services de santé.

Le pire peut encore être évité. Vous pouvez sauver des vies en appuyant le travail d’Oxfam, qui fournit une aide d’urgence aux populations qui en ont le plus besoin.