Pourquoi les droits fonciers collectifs nous concernent toutes et tous

Parvenir à l’égalité des sexes en matière de propriété foncière contribuerait à l’autonomisation des femmes. Photo : Luz Evelia Godines Solano, productrice de café au Nicaragua.
Parvenir à l’égalité des sexes en matière de propriété foncière contribuerait à l’autonomisation des femmes. Photo : Luz Evelia Godines Solano, productrice de café au Nicaragua.

Près de 2,5 milliards de personnes vivent de terres et de ressources naturelles dont la propriété, l’utilisation ou la gestion est collective et qui représentent plus de la moitié des terres de la planète. Pourtant, légalement, ces personnes n’en possèdent qu’un cinquième. Les autres terres ne sont pas protégées et demeurent exposées au risque d’accaparement par des entités puissantes, États et entreprises.

Saviez-vous qu’en Afrique, 90 % des terres rurales ne figurent sur aucun registre, ce qui laisse les communautés locales démunies face au risque d’accaparement des terres ?

Mais pourquoi le droit à la terre des communautés locales et des peuples autochtones nous concerne-t-il toutes et tous ?

Il est de plus en plus avéré que la pleine propriété foncière, lorsqu’elle est détenue par les peuples indigènes et les communautés locales, contribue à préserver la diversité culturelle et à lutter contre la pauvreté, la faim, l’instabilité politique et le changement climatique. En résumé, la reconnaissance des terres ancestrales bénéficie plus largement à la société et à la santé de la planète.

Quelques faits importants :

  • C’est une question de droits humains. Cela est plus particulièrement vrai pour les peuples autochtones, auxquels le droit international reconnaît le droit d’accéder et de contrôler leurs terres ancestrales. Ce sont leurs terres.
     
  • La garantie du droit à la terre est une condition préalable au développement. Elle permet d’augmenter les revenus et de faire progresser tout un éventail d’avantages sociaux qui dépassent le cadre des communautés locales. Les pays qui reconnaissent et défendent le droit à la terre parviennent à réduire la faim et à stimuler une croissance économique plus juste.
     
  • Parvenir à l’égalité des sexes en matière de propriété foncière contribuerait à l’autonomisation des femmes et conférerait à celles-ci une plus grande influence sur l’aménagement des territoires. Selon la FAO, si davantage de femmes possédaient des terres, la production agricole augmenterait de 20 à 30 % en moyenne, ce qui permettrait de réduire la malnutrition de 10 à 20 % dans le monde.
     
  • En Tanzanie, les femmes qui possèdent officiellement des terres gagnent trois fois plus que les autres. En Inde, un lien a été établi entre la sécurisation des droits fonciers et la diminution de la violence en général, et notamment de la violence domestique, huit fois moins importante.
     
  • Les forêts gérées par les peuples autochtones et les communautés locales stockent 37,7 milliards de tonnes de CO2, soit plus que l’ensemble des émissions générées par les combustibles fossiles et les activités industrielles en 2013.
     
  • Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le pastoralisme est « l’un des systèmes alimentaires les plus durables de la planète […] entre 2 et 10 fois plus productif par unité de terrain que tout autre système fortement capitalisé ».
     
  • Garantir le droit à la terre des peuples autochtones et des communautés locales pourrait permettre d’éviter la disparition de plus de 4 000 langues.

Téléchargez le rapport Terres communes : Sécuriser les droits fonciers et protéger la planète

Défendons le droit à la terre

Nous sommes au cœur de la plus grave atteinte que l’on puisse porter à l’identité d’un peuple, à ses droits, à ses moyens de subsistance et à sa sécurité, ainsi qu’à notre environnement. Les populations affectées ne peuvent pas se permettre de perdre ce combat. Nous non plus.

Dans le cadre du mouvement mondial Land Rights Now, nous appelons les gouvernements du Sri Lanka, du Pérou, de l’Australie, du Honduras, de l’Inde et du Mozambique à reconnaitre et respecter pleinement les droits fonciers des peuples autochtones et des communautés locales.

Rejoignez-nous sur le site Défendons le droit à la terre et signez nos pétitions.

Ce sont leurs terres, leur droit et leur vie. Il est temps d’agir, dès maintenant.

Land Rights Now logo
 

Crédit photo: Pablo Tosco/Oxfam